2011 L’incroyable silence munichois devant

pas de deux Juppé-Frères musulmans

L’incroyable silence munichois devant le pas de deux Juppé-Frères musulmans

Publié le 2 mai 2011 par Alain Rubin – Article du nº 196

Non contents d’attaquer villages et églises coptes, non contents de tuer et incendier en province, profitant du vide soi-disant révolutionnaire consécutif à la chute du nassérien Moubarak, les fanatiques, sectateurs de MHMD, font monter les enjeux.

Il y a quelques jours, les Frères Musulmans organisaient au Caire une manifestation de rue.

Elle se conclura par un rassemblement-prière devant la cathédrale de la capitale égyptienne.

Pendant leur défilé, ces milliers d’hommes répéteront, sans se lasser, une litanie « d’Allahou Akbar », de « takfir » et « d’yslamiyya ».

On verra, avec eux, mais strictement séparées physiquement, isolées, ségréguées et doublement enfermées, enfermées sous le niquab et encloses, menées comme un troupeau par un vacher ne manifestant pas la moindre bienveillance, cernées par une corde tenue par quelques uns de ces hommes, une ou deux centaines de femmes, en noir de la tête aux pieds, et reprenant les mêmes slogans djihadistes que ces messieurs.

Le jour de la journée internationale des femmes, certains des manifestants escortant ces femmes ont attaqué une manifestation ayant eu l’impudence « impie » de réclamer : que la future constitution égyptienne reconnaisse aux femmes et aux hommes, libertés et droits politiques collectifs, libertés et droits personnels égaux.

Après avoir été insultées : rentrez chez vous faire la bouffe ! On va vous baiser ! Plusieurs femmes furent alors agressées et violées par les fanatiques rassemblées place Tahrir.

Seule l’intervention de quelques courageux cairotes, appuyés par des soldats menaçant d’utiliser leurs armes, pourra sortir des griffes des fanatiques, le petit millier d’hommes et de femmes qui avaient osé revendiquer cet élément de base de la démocratie d’aujourd’hui : l’égalité politique des hommes et des femmes.

Mais, visiblement, dans cette Égypte, paraît-il en « révolution », demander, dans la rue, un droit élémentaire, vous expose à l’action criminelle de bandes de fanatiques, prêtes au meurtre pour imposer coûte que coûte leur dogme moyenâgeux.

Outre leur haine « religieuse » pour un élément devenu constitutif de la Démocratie politique,- l’égalité personnelle et collective des femmes et des hommes-, les Frères Musulmans et leur mouvance détestent la paix conclue entre l’Egypte et Israël.

Ils agitent les sabres et réclament inlassablement la guerre, comme il la réclamait déjà en novembre 1947.

Eux seuls portent la responsabilité de la guerre de 1947-48 entre Juifs et Arabes

Eux seuls portent la responsabilité que sept cent mille « arabes » de Palestine mandataire ont quitté leur foyer, volontairement et/ou involontairement, et le perde.

On ignore trop souvent, ou on oublie, ou on fait sembler d’ignorer ou d’oublier, qu’avant que le secrétaire général de la Ligue arabe ne lance son appel à la guerre sainte, au djihad par la guerre totale, pour la guerre « jusqu’à la victoire totale et définitive », pour la guerre pour « faire couler des flots de sang juif », pour la guerre pour massacrer un maximum de « Yahoud » et expulser les survivants, les Frères Musulmans avaient déjà lancé le mot d’ordre : « à mort ! À mort tous les Juifs ! Guerre à outrance …»

En 2011, pour la seconde fois, ces hommes de sang qui voulaient en 1947-1948 terminer ce qu’Hitler avait commencé, réclament deux choses liées l’une à l’autre :

1° achever l’islamisation de l’Egypte, en terminer avec les vrais propriétaires du pays, en se débarrassant définitivement des Coptes qui sont les descendants physiques et linguistiques des Egyptiens de l’antiquité pharaonique, spoliés de la propriété de leur pays par la conquête arabo-islamique.

2° reprendre l’action de guerre commencée à l’automne de 1947 contre les Juifs du Ichouv, qui allait sept mois plus tard devenir l’Etat d’Israël. Rompre les contrats commerciaux, dénoncer la paix conclue entre l’Egypte et Israël, déchaîner la guerre, quelle qu’en soient les conséquences locales et internationales.

La manifestation du Caire contre les Coptes s’est achevée sur une provocation, comme on aurait pu en voir à Paris, au 16ème siècle, lorsque la Ligue préparait la nuit sanglante de la Saint Barthélémy terminant sur le massacre des Huguenots.

Les slogans guerriers se sont achevés en prières, avec une interminable litanie de « Allahou Akbar » et de prosternations, devant la grande cathédrale véritable objet d’exécration pour ces fanatiques que le ministre Juppé trouve si sympathiques.

Se faisant, le distingué, le subtil et perspicace ministre des Affaires étrangères, agissant comme une sorte de perroquet bien peigné de la bureaucratie du Quai d’Orsay, met ses pas dans ceux du défunt Chamberlain.

On se croirait revenu quand ce dernier ayant échangé quelques mots aimables avec Adolphe Hitler, trouvera si sympathique le chef suprême des SS et de la machine à massacrer industrialisée.

Il avait trouvé en lui un homme courtois, qui n’attendait cependant qu’une occasion pour déchainer ses forces de destruction, en lançant bombardements et fusillades, en organisant les privations alimentaires mortelles dans les ghettos, déportations et massacres, la shoah, en menant une guerre totale qui coûtera soixante millions de vies d’hommes, de femmes et d’enfants.

En écoutant Alain Juppé je n’ai pu m’empêcher de penser aux échanges courtois entre le rusé dictateur et les diplomates, dupes consentantes.

Je voudrai dire mon étonnement

On sait que, dés qu’un ministre de Nicolas Sarkozy dit quoi que ce soit, -même s’il ne fait que dire que la terre est bien un objet tellurique tournant autour du soleil-, il va se toujours se trouver un journaliste, un député, un leader du PS ou des « écolos », un responsable d’une association de la « Laïcité », pour le moquer, pour s’étonner de son propos, pour se scandaliser et lui tailler des croupières.

Ici, rien, silence ?!

Personne, dans les oppositions, personne parmi les « humoristes », personne dans la noblesse du prompteur, pas un n’a trouvé quoi que ce soit à redire aux déclarations pro Frères musulmans du distingué Alain Juppé.

Comment faut-il interpréter cette mansuétude étrange, ce silence étonnant ?

Une indulgence curieuse, surtout si l’on se souvient que Juppé reste l’homme qui a mis contre lui, dans la rue, les foules impressionnantes de plusieurs millions de salariés en grève, les manifestations qui amèneront les secrétaires généraux des deux rameaux séparés de l’ancienne CGT (CGT et CGT-FO) à se serrer publiquement la main, devant la foule des manifestants.

Faut-il croire que ce silence exprime un accord avec le propos de Juppé qui trouve tout à fait fréquentables les pogromistes du Caire et considère comme étant dignes d’un travail politique commun, les fanatiques fauteurs de guerre appelant encore et toujours à la guerre totale pour détruire Israël ?

Question : Que penser d’autre de votre silence devant les amitiés nouvelles de Juppé, Mesdames et Messieurs les élus et responsables de l’UMP, du PS, des Verts, du NPA, du PCF, du POI, du GOF, de la Libre Pensée ?

Mais peut-être voulez-vous jouer aux trois petits singes, espérant, contre toute espérance, qu’Al Quaradwhi, le mentor de l’UOIF, et ses bandes de pogromistes, blaguent ?

Peut-être que votre silence illustre-t-il une croyance fétichiste ?

Peut-être priez-vous pour que ces hommes -qui réclament du sang, pour que ces hommes qui n’hésitent pas à aller le prendre, quotidiennement, sur la personne des Coptes, et très probablement sur celle des touristes et de simples marocains à Marrakech- n’aient pas vraiment l’intention de mettre en actes leurs déclarations concernant une guerre contre Israël réalisant enfin leurs objectifs de 1947-1948 ?

Cette guerre ne les mettrait plus aux prises avec un Ichouv presque sans armes, sauvé du gong par les communistes Tchèques*1 qui livreront clandestinement les moyens de guerre qui faisaient défaut aux unités de jeunes kibboutznik formant l’essentiel de l’armée nationale de défense d’Israël.

Aujourd’hui Israël s’est doté de moyens de défense, dont ceux de la dissuasion thermonucléaire.

Alors quel est le sens de votre silence encourageant les va-t-en guerre de la place Tahrir et de leurs annexes extérieures ?

Ce silence est irresponsable et coupable.

Comme est irresponsable et coupable la naïveté sur commande de la Bécassine faisant semblant de commander à la bureaucratie du Quai d’Orsay.

Lui, et vous comme lui, n’ignorez pas que les fanatiques eschatologiques de Téhéran croient dur comme fer qu’ils feront venir le Mahdi, le vrai, l’authentique, celui qui, dans leur système de croyance, assurera le triomphe total et définitif de la dictature universelle de la charia, en réduisant l’humanité en vaste champ de décombres au moyen de la guerre thermonucléaire.

C’est tout le but de la course des Ayatollahs pour posséder et maitriser les moyens de l’énergie nucléaire.

Derrière les fanatiques disciples de Al Qaradhawi ; faîtes-vous semblant de ne pas voir les actions de pousse-au crime du guide suprême iranien et du putschiste truqueur des élections de juin 2009 ?

Votre silence, après le propos du guignol sinistre du quai d’Orsay, c’est choisir, en 2011, de dire aux Français ce que Chamberlain et Daladier ont expliqué en 1938 aux peuples de France et Grande Bretagne :

« chers concitoyennes et chers concitoyens, nous avons rencontré le Chancelier allemand. C’est un homme qui est très agréable, c’est un leader sensible et cultivé, c’est un homme qui apprécie les arts et passe ses loisirs à peintre ou à observer les animaux dans la nature…et blabla, et blablabla ».

Après Alain Juppé, toutes les femmes et tous les hommes des formations dont j’ai parlé, par leur silence irresponsable et complice, nous tiennent un langage identique à celui du premier ministre de Jacques Chirac.

Après et avec Juppé, ils veulent nous duper, nous rassurer à bon compte, pour nous faire accroire que ce n’est pas si grave, ce qui se passe en Egypte.

Cette coalition du silence, lâche et assassin, c’est un front unique de la honte ; c’est un front unique de munichois, c’est une unité dans l’abandon, pour que nous acceptions -comme quelque chose de peu d’importance- que les Coptes subissent leurs nuits de cristal à répétition.

Derrière leur silence, complice de la nouvelle amitié de Juppé, on veut en réalité nous faire accroire que ce n’est pas si grave que les Frères musulmans veuillent entraîner 80 millions d’Egyptiens dans la guerre de voisinage quotidien contre les Egyptiens autochtones ainsi que dans la guerre totale, aux conséquence majeures pour tous les pays du bassin méditerranéen et au-delà, afin d’en finir avec l’existence d’Israël.

Alain Rubin

http://ripostelaique.com/lincroyable-silence-munichois-devant-le-pas-de-deux-juppe-freres-musulmans.html

(1) La direction du Parti communiste de Tchécoslovaquie paiera de sa vie son aide au Ichouv,-devenu Etat d’Israël, Ichouv assiégé par la Ligue arabe, par les Frères musulmans, assiégé par la légion du nationaliste Kawukdji associée à Husseini dans l’alliance militaire avec Hitler-, à peine armé. En 1952, lors du procès Slansky, les référents staliniens, adjoindront aux accusés tchèques, Mordechaï Oren un des principaux dirigeants du Mapam (le parti sioniste se réclamant du marxisme léninisme). Oren avait été un des artisans du ravitaillement israélien en armes et munitions, auprès des responsables de PCT. A l’issue du procès de Prague, onze des plus hauts responsables du PCT et du gouvernement tchécoslovaque seront condamnés à mort, dix pendus ou fusillés. Leurs cendres seront répandues secrètement, accusés et condamnés comme « espions sionistes », « agents titistes de l’impérialisme » etc.