1/ LES MUSULMANS SOUTIENNENT JUPPE CONTRE SARKO AFIN DE FAIRE REELIRE LES SOCIALISTES

GROUPE « FAIRE GAGNER JPPE ET FAIRE BARRAGE A SARKOZY »

groupe juppe sarkozy

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ent Alain Juppé est en train de construire son propre parti en dehors des Républicains

Ou comment le maire de Bordeaux est en train de construire une machine politique concurrente des Républicains destinée à soutenir sa candidature à l’élection présidentielle. Ses adhérents l’aident à construire un programme qui devrait, prochainement, subir un infléchissement à droite.

Publié le 26 Octobre 2015 – Mis à jour le 30 Octobre 2015

 

« On est tellement bien, c’est très sain et très enthousiasmant »… Dans son bureau qui domine le Sénat et le jardin du Luxembourg, Fabienne Keller sourit d’aise. Elle aime les couleurs d’automne qu’elle peut admirer de sa fenêtre, la lumière du soleil déclinant. Mais ce qui l’enthousiasme tout particulièrement en cette fin d’après-midi, c’est son aventure avec Alain Juppé et le petit nid douillet qu’ils sont en train de bâtir ensemble. Point de romance entre l’ex maire de Strasbourg et celui de Bordeaux, mais une aventure politique.

Quant au nid douillet, il porte officiellement un nom moins glamour : Cap AJ pour la France. Il s’agit de la « start up » d’Alain Juppé, de sa « PME », dit-il aussi. Une structure qui a vocation à héberger tous les soutiens du candidat aux primaires et à organiser sa campagne. Un micro parti destiné à concurrencer les Républicains de Nicolas Sarkozy ?

Les proches du maire de Bordeaux tiennent à mettre les points sur les I : « Alain Juppé est président-fondateur de l’UMP, aujourd’hui devenu Les Républicains. C’est son parti et il a décidé d’y rester pour porter sa voix, il s’est interdit de créer un autre parti politique s’opposant aux Républicains, il n’a pas voulu non plus créer une xième chapelle : le droite forte, la France droite, convexe, connexe ou aléatoire. Il souhaite que son parti redevienne ce qu’il a été à sa création. L’UMP a été fondé entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002, pour unifier la droite et le centre, afin d’affronter le FN présent au second tour de l’élection présidentielle », explique un proche d’une traite, afin que les choses soient bien claires. Et pourtant, il y a comme un doute, savamment entretenu, l’air de ne pas y toucher. Comme une menace qui plane, mine de rien. La star-up d’Alain Juppé, si discrète, si  modeste, pourrait, circonstances obligent, se travestir en machine de guerre. Il n’y a qu’à écouter ces petites phrases qui perlent les propos des proches du candidat et qui sonnent comme une mise en garde : « Cette structure sera capable de soutenir une candidature présidentielle car le but d’Alain Juppé est bien de gagner l’élection présidentielle « . Et un autre : « oui, c’est un parti à petite échelle à ceci près que nous n’avons vocation à présenter qu’un seul candidat, Alain Juppé ». Un parti donc, même petit, comme une réponse à Nicolas Sarkozy. Un mouvement comme arme  que l’on garde au chaud, au cas où. La rue de l’Université contre celle de Vaugirard.

Cap AJ pour la France compte aujourd’hui  2 salariés à plein temps, 6 bénévoles qui consacrent plus de 2 jours par semaine et de nombreux autres qui travaillent le soir et le week-end. Alain Juppé s’est aussi doté, en septembre, d’un organigramme étoffé. Benoist Apparu et Édouard Philippe sont désormais épaulés, dans leur rôle de porte-parole, par les sénateurs Fabienne Keller et Christophe Béchu, le député européen Arnaud Danjean et le député François Cornut-Gentille. Gilles Boyer a été officiellement nommé directeur de campagne, quant à l’ancien collaborateur Vincent Le Roux désormais directeur du service adhérents du Medef, il sera chargé de coordonner la campagne et de mobiliser les réseaux. David Teillet, lui aussi compagnon de longue date, est chargé des déplacements et Marie Guevenoux de tout l’aspect financier et administratif. Hervé Gaymard s’est vu confier l’élaboration du programme avec Dominique Perben et Pierre-Mathieu Duhamel. L’ancien ministre Christine Albanel participe aussi ainsi que la candidate aux régionales Virginie Calmels. Enfin, l’ancien premier ministre a souhaité s’appuyer sur les jeunes Maël de Calan et Enguerrand Delannoy, fondateurs du think-thank La boite à idées. Une partie de l’équipe se connaît depuis 1995, depuis Matignon. Les épreuves les ont soudés, l’antiballadurisme aussi. Ils en gardent le souvenir et une dent contre Nicolas Sarkozy.

Mais cette galaxie ne serait rien sans son soubassement. Des fondations, jetées par le vieux complice Vincent Le Roux. Derrière ses lunettes rondes, il sourit déjà à l’idée du bon mot qu’il prépare : « Ça me sert beaucoup d’avoir été directeur général adjoint de l’UMP, d’être expert des implantations électorales et tout ça. J’ai décidé de faire exactement l’opposé de ce qui se fait dans les partis ». Il piaffe. Son idée ? Proposer à tous ses sympathisants d’Alain Juppé de créer leur propre comité et ceci sans aucune exclusivité géographique. Alors que les partis traditionnels sont extrêmement structurés : secrétaire départemental, délégué de circonscription, délégué de canton et de commune, « chez nous, toute personne qui le veut, peut créer son propre comité. Il peut y en avoir un à Vesoul ou bien 50 ». Cap AJ pour la France en compte aujourd’hui 400 et plus de 200 structures jeunes soit 1600 volontaires.

« On est moins bien représentés en Bourgogne, plutôt bien dans l’ouest, le sud-ouest et en région parisienne. Nous avons 21 comités dans les Yvelines. Dans les Hauts-de-Seine, on a des comités dans 30 communes sur 47, sourit Vincent Le Roux qui sait qu’il cite là le fief de Nicolas Sarkozy et il ajoute : Une grosses partie de nos sympathisants viennent d’horizons fondamentalement différents de la politique. Ils n’ont, pour beaucoup, jamais adhéré à un parti. Ils viennent car on propose une autre manière de faire de la politique, parce que nos structures sont très souples, parce qu’ils sont écoutés et entendus, parce qu’on cherche à les faire participer »

Et voilà le cœur du réacteur : le participation, la démocratie participative, la co-construction, la consultation citoyenne, selon les déclinaisons choisies par les proches du maire de Bordeaux. Peu importe le terme, pourvu qu’il ait l’idée, généreusement martelée : « Nos sympathisants participent à l’élaboration du programme . On leur demande de plancher sur un certains nombre de sujets, par exemple avant et après la parution du livre, ils ont beaucoup travaillé sur les questions d’Éducation. Un prof d’histoire nous a même écrit car il était fière d’avoir retrouvé le verbatim de ses propos dans le livre », explique Vincent Le Roux.

Les volontaires -les proches d’Alain Juppé tiennent à ce terme-  reçoivent un dossier par mois, truffé de chiffres -il y a 15 jours il portait sur la réforme de l’État et les finances publiques- ils l’étudient, seuls ou en groupe, et envoient leurs propositions. Bien sûr d’inégale valeur, elles sont pour Alain Juppé des sources d’inspiration. Il y puise aussi des sentiments, du vécu dont il nourrit sa réflexion.

Si ce système existe depuis plusieurs mois, il est aujourd’hui mis en avant comme une réponse à l’offensive de Nicolas Sarkozy. Le président des Républicains est entrain de rédiger un programme qu’il entend imposer à tous les candidats à la primaires, programme qu’il fait valider auprès des militants par voie de référendum ? Alain Juppé fait mieux, il co-écrit son programme avec les siens. Et toc, semble dire leur chœur de la juppéie. « Faire des propositions le matin et les soumettre au vote 48h plus tard, c’est un peu rapide », se moque Fabienne Keller qui ajoute « un bon programme doit être mûri ». « Nous, on ne fait pas comme les Républicains. On trouve que Oui Non c’est un peu court pour répondre à des thématiques aussi complexes que l’immigration ou le code du travail », ajoute un autre proche.
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