Source : Nous sommes tous Israéliens ! (1/2) – Regard d’un Ecrivain sur le Monde

Le 14 novembre 2015, après les attentats de Paris, Manuel Valls déclarait : «Ce que je veux dire aux Français, c’est que nous sommes en guerre. Oui nous sommes en guerre. Ce qui s’est passé était un acte de guerre organisé méthodiquement». Et le lendemain, au Congrès à Versailles, François Hollande déclarait : « Nous sommes en guerre ».

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et son ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s’élèvent contre l’emploi du mot « guerre » et répètent que « le Canada n’est pas en guerre contre l’EI».

Ils pensent pouvoir avec cette déclaration conjurer la menace qui pèse sur notre pays. Mais notre premier ministre semble oublier que, s’il n’a pas déclaré la guerre à Daesh, en revanche Daesh lui a déclaré la guerre, comme il l’a déclarée à toutes les démocraties à travers le monde. Pourquoi le Canada ferait-il exception ?

Je ne peux pas croire que messieurs Trudeau et Dion soient assez naïfs pour juger que nos accommodements dits « raisonnables », que la journée du niqab et le fait d’avoir ouvert toutes grandes nos portes aux réfugiés syriens suffisent à nous mettre à l’abri des attentats. Au contraire, comme tous les pays européens, nous fournissons à nos ennemis la preuve que nous sommes prêts à faire des compromis pour un vivre ensemble qui les satisfasse. Leur conclusion : la terreur est payante.

Faut-il que le Canada soit confronté à des actes terroristes de la même ampleur que ceux de Paris et Bruxelles, Abidjan, Ankara, etc. pour ouvrir les yeux et accepter cette douloureuse réalité : tout pays démocratique est aux yeux de Daesh l’ennemi à abattre ? Car la démocratie est aux antipodes de ce que prônent les fous d’Allah.

Ce qui se passe en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie du Sud-est se passera un jour chez nous. Ce n’est qu’une question de temps. Mais allez donc le faire comprendre à un premier ministre qui, voulant se distinguer des autres chefs d’État, choisit en matière de sécurité d’afficher un optimisme à toute épreuve.

Pour Justin Trudeau, comme pour Stéphane Dion, le mot « guerre » ne sied point au conflit qui nous oppose à l’EI. Car pour eux, comme pour la gauche, le mot « guerre » implique deux pays qui s’affrontent. Et l’EI n’est pas un pays, nous dira-ton. Et le mot « guerre » donne aux islamistes le statut de soldat, c’est leur faire trop d’honneur !

Mais le champ lexical du mot « guerre » (lutte, combat, bataille, conflit, soldat, etc.) traduit mieux que tout autre terme la réalité que nous vivons.

D’ailleurs, en janvier 2013, lors du sommet de Davos, Trudeau affirmait que « la bataille contre Daesh ne consiste pas à bombarder à tout va, mais à affronter l’ennemi sur terre ». Les mots qu’il a employés n’entrent-ils pas dans le registre d’une rhétorique guerrière ?

Et quand à la tribune de l’ONU, Mahmoud Abbas parle d’Israël comme d’un « État d’occupation raciste » ou de « génocide contre le peuple palestinien », n’est-ce pas une rhétorique guerrière ? Or ni Justin Trudeau, ni Stéphane Dion, ni aucun chef d’État ne s’en offusquent! Et il ne s’agit pas d’accusations accidentelles, mais d’accusations récurrentes.

Et la rhétorique de l’État islamique ne peut-elle être qualifiée de guerrière ?

L’EI n’a pas peur des mots. Alors, pourquoi craindrions-nous le poids des mots? Le temps des euphémismes est révolu. Il faut appeler un chat un chat. Il n’y a plus place pour l’optimisme, Consentirez-vous, vous Européens, à qualifier les terroristes de « militants pour l’Islam »? À en faire des prédicateurs au même titre que les Témoins de Jéhovah? À les excuser en vous culpabilisant?

Ouvrez donc les yeux et admettez que, comme l’a dit Benjamin Netanyahou « Nous sommes dans une guerre mondiale contre le terrorisme. C’est une guerre entre le monde civilisé et les fils des ténèbres. Le terrorisme frappe partout ».

Certains vous diront que l’islamisme – qu’on se croit obligé de qualifier de « radical »- est une idéologie et qu’on ne peut pas déclarer la guerre à une idéologie. Et le nazisme, n’était-ce pas une idéologie ? Comme le nazisme, l’islamisme radical est « une idéologie en actes ». Le nazisme est une idéologie fondée sur la race ; l’islamisme, sur la religion. Deux autres points communs : le recours à la barbarie et la haine du juif. Espérons que la comparaison s’arrêtera là.

Alors, que faire quand les tenants de cette idéologie aux antipodes de nos valeurs, de notre vision du monde et de notre façon d’être au monde (de ce que les Allemands appellent notre « weltanschaung ») nous ont déclaré la guerre ? Enterrer nos morts, soigner nos blessés et nous consoler dans les bras les uns des autres tout en clamant qu’on n’a pas peur des terroristes ? Ou bien faut-il envisager une réponse à la mesure de l’attaque ?

Si on veut répondre à cette « guerre » déclarée contre notre façon de vivre, il y a deux aspects à privilégier :
– la lutte à la radicalisation qui exige de mettre l’accent sur nos valeurs (Mais que sont donc devenues nos valeurs ?) ;
– la sécurité des citoyens.

Et dans ce domaine, s’il est un pays sur lequel toutes les démocraties devraient prendre exemple, c’est Israël.

À moins qu’on ne lui préfère l’Arabie saoudite qui a choisi pour moyen de dissuasion la peine de mort ! Peut-être est-ce ce qui a valu au prince héritier la Légion d’honneur…

Israël, un exemple en matière de lutte contre le terrorisme

Car Israël, contrairement aux pays européens, se trouve face au terrorisme et entrainé dans la guerre depuis le jour même de sa naissance, avec un ennemi qui veut jeter le peuple juif à la mer car un pays démocratique n’a pas sa place dans un Moyen-Orient où prédominent les valeurs de l’Islam.

Isolé au milieu d’États arabes, , « Israël est, comme l’a déclaré le premier ministre, dans l’œil du cyclone », ce qui complique la lutte contre le terrorisme. Israël a pour ennemis non seulement Daesh, mais le Hezbollah, le Hamas, la Syrie, les Palestiniens, et l’Iran. Tous se sont juré sa mort.

Alors, l’État juif est sans cesse contraint de chercher des moyens efficaces pour assurer la sécurité de ses citoyens. Et aujourd’hui, l’Europe est confrontée, mais dans une moindre mesure, au même problème. C’est pourquoi, au lendemain des attentats de Belgique, le PM israélien a proposé à la Belgique « une aide politique et sécuritaire contre le terrorisme ». Pourquoi ne pas l’accepter?

Bien sûr, il est difficile aux pays de l’Union européenne d’admettre qu’il faudrait, dans la lutte contre le terrorisme, s’inspirer de l’État juif alors que, depuis des décennies, ils laissent entendre que le terrorisme en Israël est justifié (comme s’il existait deux sortes de terrorisme !), que les Palestiniens ne sont pas des terroristes, mais des militants pour la paix; et que, finalement, les juifs n’ont que ce qu’ils méritent puisqu’ils ont colonisé une terre qui n’est pas la leur. Alors, face aux victimes juives du terrorisme, la compassion n’est pas de mise dans les pays européens.

L’attitude de Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et Vice-présidente de la Commission, est très révélatrice à ce sujet. Comme elle est toujours restée insensible face aux drames qui secouent les Juifs, je m’étais imaginé qu’elle était une femme dépourvue de sensibilité, une femme que les tragédies laissaient indifférente.

Aujourd’hui, je m’aperçois que j’étais dans l’erreur. Mme Mogherini est une femme très sensible puisque nous l’avons vue, alors qu’elle était en visite en Jordanie, éclater en sanglots en parlant des attentats qui ont secoué la Belgique.

Pourtant, elle est italienne et non belge, et elle n’a pas perdu un de ses proches dans les attentats. Certes, nous avons tous été ébranlés que ce soit par les attentats de Belgique, de France, d’Espagne, du Royaume-Uni, de Tunisie, etc. Mais nous n’avons vu aucun parlementaire ému au point de laisser couler ses larmes.

Son comportement, très révélateur des sentiments que nous, Juifs, lui inspirons, explique pourquoi l’Union européenne tarde tant à reconnaître qu’en matière de sécurité, c’est avec Israël qu’elle devrait coopérer.

Alors, voici ce que j’ai envie de dire aux États membres de l’UE.

Lutte à la radicalisation

Au lieu de vous culpabiliser et de vous interroger sur ce que vous avez fait ou n’avez pas fait ou encore sur ce que vous devriez faire, comme le font certains parents devant leur enfant qui tourne mal, ce qui revient à excuser en quelque sorte les coupables, comprenez bien ceci : quoi que vous fassiez pour améliorer le quotidien des terroristes en herbe (logements sociaux, emplois, instruction … ), vous ne pourrez les combattre.

Pour savoir comment lutter, il faut garder à l’esprit le but que se sont fixé les terroristes islamistes, qu’ils soient palestiniens ou autres : ce but n’est pas, dans le cas des Palestiniens, d’avoir un État ; ce n’est pas non plus, dans les pays européens, l’amélioration de leurs conditions de vie ou leur intégration dans la société civile, non, comprenez bien ceci : leur but est la domination de l’Islam sur le monde, le retour à l’époque où ils enchainaient les conquêtes et où les musulmans connaissaient la gloire.

Netanyahou a visé juste quand, au lendemain des attentats de Bruxelles, il a déclaré « La source du terrorisme n’est pas l’occupation ou de désespoir, mais au contraire l’espoir. L’Etat islamique espère établir un califat islamique en Europe ».

Et pour atteindre leur but, les islamistes doivent installer un univers de terreur dans le monde et, parallèlement, convaincre les musulmans que leurs seuls défenseurs se recrutent dans l’EI, que c’est en joignant leurs forces à celles de l’EI qu’ils peuvent changer le monde.

Et pour cela, ils sont prêts à tout, y compris à donner leur vie . Alors que les Occidentaux cherchent désespérément à travers le travail, la famille, les loisirs à donner un sens à leur vie, les terroristes trouvent ce sens dans la mort.

Un seul moyen pourrait les faire céder : que vous baissiez les bras et acceptiez de disparaître, ou que vous vous convertissiez et embrassiez leurs « valeurs » – si tant est que le mot s’applique à la charia. C’est ce qu’attendent les Palestiniens des Israéliens, c’est ce qu’attend l’EI de tous les pays démocratiques.

Certes, il faut lutter contre la radicalisation en prenant certaines mesures (fermeture de mosquées, déportation de certains imams … ).
Et que croyez-vous que fait Israël quand il dénonce l’incitation à la haine et la manipulation des cerveaux par l’Autorité palestinienne ? Tout comme le font les imams dits radicaux, elle a inculqué aux Palestiniens la haine du Juif en falsifiant l’Histoire, en leur faisant croire que les Juifs leur ont volé leur histoire, leurs coutumes, leurs lieux saints, et toute leur terre, la terre d’Israël en l’occurrence.

Dans cette lutte, il y a une disproportion flagrante : Israël n’est pas de taille à lutter contre la guerre des mots et des images que lui ont déclarée les Palestiniens car il lui faudrait contrevenir aux hautes valeurs morales dont il est porteur.

Et cette lutte est d’autant plus difficile que vous, Européens, non seulement ne coopérez pas avec l’État juif, mais encouragez les Palestiniens à poursuivre ce combat qui dure depuis 68 ans.

D’ailleurs, en visite en Algérie en mars , le Président palestinien a tenu à vous adresser ses remerciements pour “la solidarité internationale” dont vous avez fait preuve avec “la reconnaissance de l’État de Palestine par plusieurs parlements européens” .

La sécurité des citoyens d’Israël et de l’UE

Que vous l’admettiez ou non, vous connaissez une situation identique à celle d’Israël, et votre futur risque fort d’être calqué sur celui de l’État juif.

Je comprends qu’il vous soit difficile de reconnaître le bien-fondé des mesures prises par Israël en matière de lutte contre le terrorisme alors que vous n’avez de cesse de condamner ces mesures. Et pourtant, c’est bien du côté israélien que vous devriez regarder si vous voulez protéger vos populations.

Faites donc preuve d’un peu d’humilité vis-à-vis d’Israël et vous réussirez à sauver bien des vies. Ne croyez-vous pas que cela en vaille la peine ?