Lavée de tous soupçons
Après avoir mené une enquête minutieuse, des responsables militaires de haut rang venus des quatre coins du globe ont tranché : n’en déplaise à certaines ONG, Tsahal garde son titre d’armée la plus morale du monde
Les actions militaires engagées par Israël pour défendre sa population durant les 50 jours de conflit qui l’ont opposé au Hamas à Gaza l’an dernier répondaient aux exigences (et les excédaient presque) du droit international de la guerre. C’est ce qu’ont estimé, d’une seule et même voix, plusieurs ex-chefs d’états-majors et officiers de commandement de haut rang, à la suite d’un examen minutieux. Ces 14 militaires et professionnels de la sécurité, venus des quatre coins du monde, se sont réunis cette année pour former le High Level International Military Group (groupe militaire international de haut niveau). Leur mission : mener une étude approfondie de l’opération Bordure protectrice. Dans le cadre de leur enquête, ils ont bénéficié pendant plusieurs mois d’un accès sans précédent aux documents de Tsahal et du gouvernement, avant de livrer, la semaine dernière, leur rapport complet.
Critères de moralité
Les membres de ce groupe n’étaient, pour la plupart, jamais venus en Israël auparavant. Sans équivoque, ils ont conclu que les actions d’Israël étaient totalement nécessaires et justifiées. « Aucun pays n’aurait accepté la menace que représentaient, pour la population civile d’Israël, ces tunnels et ces tirs de roquettes », peut-on lire dans le résumé du rapport.
« Nous pouvons en outre affirmer de façon catégorique que la conduite d’Israël dans le conflit de 2014 à Gaza est restée conforme aux plus hauts critères de moralité que nous avons institués pour les armées de nos propres nations, et qu’à certains égards, elle est même allée au-delà. Nous estimons qu’Israël a mené une campagne exemplaire, conçue de façon adéquate en visant des objectifs limités, et qu’il a fait montre à la fois d’un très haut niveau de capacité opérationnelle, et d’un respect total du droit international… et ce à un coût tactique élevé », stipule le rapport.
« Dans les cas où des soldats ne se sont pas comportés selon les critères établis par Tsahal, des investigations ont été menées, y compris des enquêtes criminelles, mises en œuvre par un système indépendant, placé sous la supervision des institutions démocratiques de l’Etat d’Israël. Ce processus répond à l’évidence aux exigences du recours légal, de l’indépendance judiciaire, et de la surveillance démocratique que nos nations s’imposent à elles-mêmes », déclarent les auteurs du rapport.
De son côté, le Hamas a non seulement ignoré de façon flagrante le droit international des conflits armés – puisque le concept stratégique hybride de son armée terroriste repose précisément sur ce non-respect – mais il a abusé des protections que ce droit lui procurait, afin d’en tirer des avantages militaires. Dissimulant l’ensemble de son arsenal dans des lieux peuplés de civils et des sites sensibles, dont ceux des Nations unies, il a visé, durant tout le temps du conflit, des civils israéliens par un feu de roquettes ; il a par ailleurs délibérément cherché à attirer Tsahal dans des combats urbains, parmi la population civile palestinienne de Gaza, dans des bastions soigneusement préparés à cet effet, établissant notamment son quartier général dans le principal hôpital de Gaza. »
Faites entrer le jury
Le High Level International Military Group se compose de hauts responsables militaires de plusieurs pays démocratiques, qui peuvent s’enorgueillir d’une grande expérience sur les champs de bataille. On y trouve entre autres le général Klaus Dieter Naumann, ancien chef d’état-major de la Bundeswehr [armée allemande], qui a présidé le comité militaire de l’OTAN de 1996 à 1999, et le général Vincenzo Camporini, ancien chef d’état-major de l’armée italienne. Citons également le lieutenant-général David A. Deptula, ancien général de l’US Air Force, qui a été l’un des principaux stratèges de la campagne aérienne Tempête du désert en 1991 contre l’Irak, et qui a servi en Afghanistan comme directeur du centre des opérations aériennes et premier chef d’état-major adjoint pour les services de renseignements de l’US Air Force.
L’amiral José María Terán a pour sa part officié au bureau d’évaluation stratégique du ministère espagnol de la Défense. Anciennement à la tête de l’état-major interarmées et du groupe d’analyse stratégique, il a également été responsable de la réorganisation des services secrets espagnols. Le général de division Andrew James Molan a quant à lui dirigé les opérations depuis le QG de la force multinationale en Irak. Ancien commandant de l’Australian Defence College, il a travaillé comme conseiller du vice-chef des armées australiennes.
Le colonel Richard Kemp a commandé les forces britanniques en Afghanistan et servi en Irak, dans les Balkans, en Asie du Sud-Est et en Irlande du Nord. Il a dirigé une équipe internationale de contre-terrorisme au Joint Intelligence Committee britannique, ainsi que le groupe d’intelligence stratégique pour le COBRA, comité national britannique de gestion de crises. Les autres membres du High Level International Military Group viennent d’Inde, de France et de Colombie.
Le groupe a effectué deux visites en Israël afin de recueillir des données, ainsi que quatre missions d’investigations supplémentaires cette année, entre juin et août. Ses membres affirment avoir bénéficié d’un « accès sans précédent aux informations, bien supérieur à ce qu’auraient concédé nos propres pays dans des circonstances similaires », indiquent-ils. Ils ont pu s’entretenir avec des soldats de Tsahal de tous rangs, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou, le ministre de la Défense Moshé Yaalon, le Shin Bet (Agence de sécurité israélienne), plusieurs membres du bureau du procureur général pour les affaires militaires ainsi que le service juridique international de Tsahal.
« Je n’ai jamais eu l’impression que Tsahal menait une campagne de propagande », a confié l’un d’entre eux. « J’ai 30 années d’expérience et je sais quand on me ment. Ce sentiment est valable chez tous les autres officiers, dont certains sont encore plus anciens que moi. »
L’ONU tombe dans le panneau
Dans une interview téléphonique accordée au Jerusalem Post, le lieutenant-général Deptula confie : « Je connais très bien la législation des conflits armés. Ce qui s’est clairement passé, c’est que le Hamas a enfreint les normes et procédures internationales, pour atteindre des objectifs qu’il n’aurait jamais pu viser par des moyens politiques ou militaires. Il s’est servi de la loi comme d’une arme. Ce qui est frustrant, c’est de voir que les organisations internationales comme l’ONU sont tombées dans le pannea, et ont accordé toute leur confiance à ces terroristes pleins de haine. »
En 2014, Tsahal est allée « bien au-delà de ce qui est nécessaire dans le cadre du droit des conflits armés pour minimiser les pertes humaines, et éviter de faire des victimes civiles », assure-t-il. « J’estime que Tsahal a fait preuve d’une immense retenue. Elle a souvent accepté de faire courir à ses propres troupes des risques supérieurs à ceux qu’imposait le droit international ; par exemple, en téléphonant aux civils qui se trouvaient dans des locaux dont on savait qu’ils abritaient des installations du Hamas pour les inciter à en sortir, en envoyant des tracts signalant qu’une attaque allait avoir lieu, ou en lançant de petites charges explosives sur certains bâtiments en guise d’avertissement, avant de bombarder ceux-ci pour de bon. Ainsi informé, lui aussi, de l’imminence d’une attaque, le Hamas interdisait alors aux civils d’évacuer la zone concernée. Si quelqu’un doit comparaître devant la Cour pénale internationale, c’est bien le Hamas ! »
Puis le lieutenant-général Deptula évoque la lutte contre l’Etat islamique. Actuellement engagée dans une campagne aérienne contre les forces de Daesh en Syrie et en Irak, la coalition internationale menée par les Etats-Unis se trouve confrontée aux mêmes stratégies de combat qu’utilise le Hamas, affirme-t-il. Pour lui, les démocraties contraintes de déployer la force dans le cadre de guérillas terroristes « ne doivent pas se laisser intimider par des campagnes d’information et des opérations de propagande ». « Dans de nombreux cas, il est très important d’utiliser la vérité comme une arme. Nous avons cédé le domaine de l’information à la propagande et aux mensonges ! »
Démocraties vs EI
Le colonel Kemp a également accepté de répondre aux questions du Jerusalem Post. Il considère lui aussi que Tsahal a déployé beaucoup d’efforts pour limiter le nombre de victimes civiles. « Aucune de nos armées n’a jamais atteint un tel niveau », ajoute-t-il. « Les opérations de Tsahal sont allées bien au-delà des exigences des Conventions de Genève. Le tableau réel est totalement différent de celui qu’ont présenté les médias. Cela nous a tous frappés. » Le haut niveau des services de renseignements israéliens à Gaza a permis d’effectuer des frappes de précision, poursuit le colonel Kemp. Le taux de civils, qui s’élève à 50 % des victimes de cette guerre à Gaza, est très inférieur à celui que nous connaissons actuellement en Irak et en Syrie, « parce que l’Occident ne cherche pas à régler le problème de l’Etat islamique. L’opération en cours en Syrie et en Irak est en grande partie destinée à faire bonne figure. Aucun dirigeant politique ne peut prétendre que nous agissons vraiment en bombardant l’EI. Ces bombardements sont extrêmement sélectifs. Dès l’instant où des civils se trouvent à proximité de l’objectif visé, nous nous abstenons de tirer. »
Faisant référence aux attentats de Paris, Kemp estime que le danger que représentait le Hamas pour les civils israéliens était immédiat. « Il a tiré une pluie de roquettes sur Israël, et ce, à une très courte distance. Le problème auquel faisait face Israël était donc immédiat. Si Israël n’avait rien fait, des civils israéliens seraient morts. Israël était donc obligé de frapper fort. L’autre problème était que le Hamas voulait sacrifier sa propre population. […] Il a délibérément attiré Israël dans une situation qui l’obligeait à tuer des civils innocents. Il a planifié ses opérations et positionné ses forces de façon à causer la mort d’innocents [palestiniens]. »
Concernant les efforts internationaux pour engager le combat avec l’Etat islamique (ou plutôt l’absence d’efforts dans ce sens), le colonel Kemp déclare : « Je ne pense pas qu’en matière de renseignement, nous parviendrons un jour en Syrie au niveau atteint par Israël à Gaza, mais je sais qu’Israël dispose également en Syrie d’un réseau de renseignements bien supérieur au nôtre et qu’il le partage avec nous, ce qui est d’une aide précieuse… » Si les pays occidentaux engagent un jour des forces au sol pour détruire l’Etat islamique, ils ne pourront pas imiter Tsahal en prévenant les civils, affirme-t-il. « Il nous serait impossible de prévenir les gens, comme Israël l’a fait avec la population de Gaza. Le commandement britannique, par exemple, ne sera jamais capable d’envoyer des messages aux gens de Raqqa pour leur conseiller d’évacuer leurs logements : tout simplement parce que nous n’avons pas leurs numéros. »

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Source : (99) POUR EN FINIR AVEC L’ANTISIONISME ET LES ANTISEMITES