et si tout cela n’était qu’une gigantesque redistribution des cartes des ressources en énergie,  vitales pour le développement d’un monde de plusieurs milliards d’habitants ??
Daesh ( les champs pétrolifères d’Irak, de Syrie, de Libye)
l’Iran (son retour sur les marchés et ses tentatives de bloquer les détroits y compris par Yémen interposé )
les découvertes de gigantesques gisements israéliens, égyptiens , chypriotes et leurs accessibilité sécurisé et à moindre coût pour l’Europe via la Grèce , l’Italie au détriment du quasi monopole des pipe-lines turcs qui approvisionnent déjà l’Europe

et en appoint des contrats gaziers Russie/Europe

etc …

Bref, une abondance jamais vue en énergies fossiles qui devrait aider le monde à se développer  (ça, c’est l’hypothèse optimiste)

« Une offre de Poutine de protection et de développement des champs de gaz d’Israël a précédé les renforts militaires russes en Syrie.  »

Il y a un peu plus de quinze jours, le Président russe Vladimir Poutine a envoyé une proposition à Israël, par laquelle Moscou entreprendrait d’assurer la responsabilité de la sécurisation des champs de gaz d’Israël en Méditerranée, en même temps que la Russie offrait d’investir entre 7 et 10 milliards de dollars pour le développement du Léviathan, le puits le plus important et construirait un pipeline vers la Turquie afin d’exporter le gaz vers l’Europe, selon Debkafile.

Cette offre a été faite au Premier Ministre Binyamin Netanyahu, au cours de conversations téléphoniques confidentielles et par l’entremise d’envoyés discrets.

A l’époque, Poutine n’a partagé avec Netanyahu aucun de ses plans d’envoi de renforts imminents de  fusiliers marins, d’unités de l’armée de l’air, de bateaux de guerre et de missiles en Syrie, alors que ce plan a été mis sur pied avec Téhéran en juillet dernier. Le dirigeant russe l’a présenté de cette manière : Léviathan se situe sur les marges de la Zone Economique Maritime du Liban et est donc vulnérable à des tentatives de sabotage éventuelles, de la part de l’Iran, de la Syrie ou du Hezbollah, soit par des actions-commando, soit par des attaques à la roquette.

Un investissement russe de plusieurs milliards dans le développement de ce champ  gazier en ferait un projet russe que ni la Syrie ni le Hezbollah n’oserait alors attaquer, bien que la propriété en resterait à Israël.

Mais actuellement, la situation prend une toute autre configuration. Les forces russes déferlent en continu sur Latakieh et Moscou a déclaré que la zone allant de Tartous, en Syrie, jusqu’à Chypre serait fermée à la navigation et au trafic aérien du 15 septembre au 7 octobre, en prévision d’un « exercice militaire comprenant des essais de tirs de missiles guidés », lancés depuis les navires russes.

Lorsqu’il a offert de déployer un bouclier protégeant les champs de gaz d’Israël, en août dernier, le dirigeant russe savait que l’instauration de ces mesures se déroulerait alors que les forces militaires russes seraient sur place, bien plus qu’il ne serait question de réticence syro-iranienne à porter préjudice aux intérêts russes.

Puis, le 30 août, Netanyahu a discuté de la nouvelle proposition russe avec le Premier Ministre italien Matteo Renzi, lorsqu’ils se sont rencontrés à Florence, dans le cadre de l’implication de l’ancien Premier Ministre italien Silvio Berlusconi dans les affaires énergétiques entre le Moyen-Orient et l’Europe et de ses relations étroites avec Vladimir Poutine. Berlsuconi et Netanyahu sont aussi de bons amis.

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Le Premier Ministre israélien n’a jamais explicitement confirmé à Poutine s’il prenait ou non en considération la transaction russe.

Il hésitait, parce qu’il sentait qu’un accord avec Moscou autour de projets gaziers serait inacceptable pour Washington et Noble Energy au Texas, qui détient 39, 66% des parts au sein du consortium contrôlant Léviathan, ainsi que des actions dans les puits plus modestes de Tanin et Tamar.

Pendant ce temps, deux ministres israéliens, Moshe Kahlon, aux finances et Arye Deri à l’économie, faisaient constamment obstruction à l’avancée finale du gouvernement vers la mise en production de gaz, stratagèmes qui ont aussi contribué à ce que Netanyahu suspende sa réponse à Poutine.

Mais, dès qu’on a pris connaissance de l’afflux de troupes fraîches russes et de matériel lourd vers la Syrie (que Debkafile a révélé à partir du 1er septembre), Netanyahu a commencé à évaluer que, non seulement la situation militaire et stratégique d’Israël concernant la Syrie et l’Est de la Méditerranée marchait sur la tête, mais qu’il en allait de même concernant les perspectives d’investissements étrangers pour le développement de projets dans le gaz israélien.

Le paysage stratégique d’Israël a, en fait, changé radicalement dans quatre domaines :

1.  Son gouvernement ne peut plus accepter comme hypothèse de travail (qui, incidemment, n’a jamais tenu) les attentes de chute à court terme du régime Assad. L’injection de puissance militaire russe, conjugué aux forces des Gardiens de la Révolution iranienne, offre à Assad une ligne de survie consolidée.

Les forces de Tsahal doivent, par conséquent, réorganiser leur position sur le front syrien et réévaluer leur parrainage discret de groupes rebelles triés sur le volet, qui tiennent la ligne de front dans le sud syrien contre les attaques transfrontalières de l’Iran et du Hezbollah dans le nord d’Israël.

Il a été fait allusion à cette attitude changeante par les commentaires entendus de la bouche de responsables sécuritaires israéliens de haut-rang, ces derniers jours, qui disent à présent que le maintien d’Assad à son poste pourrait bien être la meilleure option, après tout.

2. Les nouveaux renforts terrestres, aériens et maritimes russes qui se mettent en place en Syrie fournissent, non seulement, un bouclier pour le régime Assad, mais aussi pour le Hezbollah. Ceci réclame aussi un changement dans les postures militaires israéliennes.

3.  La présence militaire russe en Syrie inhibe sérieusement la flexibilité israélienne et sa marge de manoeuvre pour lancer, au besoin, des actions militaires contre des cibles iraniennes et du Hezbollah.
4. Trois aspects de cette situation inédite sont à souligner tout particulièrement :

a)  Les forces aériennes et navales russes représentent la force militaire la plus puissante dans tout l’Est de la Méditerranée. Les déploiements américains ne sont en rien comparables.

b) La puissance militaire israélienne est plus que substantielle, mais personne ne cherche à provoquer un affrontement militaire avec les Russes, bien que ce soit effectivement arrivé par procuration, il y a quatre décennies, lors Israël a combattu pour sa survie contre l’invasion d’armées arabes appuyées par les Russes.

c)  Rien qu’à voir la prévalence de cette présence militaire russe dans l’Est de la Méditerranée, il est difficile d’imaginer un investisseur étranger s’avancer à couler des milliards de dollars dans le gaz israélien.

d)  Bien que la Russie ait appelé samedi 12 septembre à une « coopération entre les armées avec les Etats-Unis », afin d’éviter « tout incident non-désiré » au moment de ses « exercices » navals au large des côtes syriennes, la tonalité de cet appel était totalement froid et cynique. Il est plus que probable que Moscou va revenir à l’offre originale proposée par Poutine d’un bouclier de défense russe des champs gaziers israéliens. Mais après avoir prédisposé de telles cartes russes en position de force en Syrie, il se pourrait bien que Poutine puisse muscler et raidir les conditions de son offre.

DEBKAfile Reportage Exclusif 13 Septembre 2015, 11:57 AM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski.
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Source : Russie-Israël : vers une guerre (froide) du gaz en Méditerranée? © – JForum