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6 mai 2015 Commentaires (6) Alain Leger Histoire, Idées, Politique Française

Il est temps de rendre à César ce qui est à César, donc le fascisme aux socialistes

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Depuis 1945, et grâce à ses relais dans la presse, l’édition et l’université, la gauche s’est attribuée une mission de réécriture de l’histoire, dont elle s’est habilement exclue : dénoncer l’hydre fasciste en pointant du doigt la droite, expliquait le blogueur Kaligula sur le forum de France 2.

Par cette mise en scène politique, la gauche s’est offerte pendant longtemps une remarquable immunité idéologique.

Il est temps de tourner la page. Le mépris du gouvernement socialiste pour la population, le tempérament hégémonique des médias, de gauche également, aident à retrouver cette paternité honteuse cachée sous des labels trompeux.

Les deux grandes familles totalitaires du XXème siècle, le fascisme et le communisme, sont toutes les deux issues d’un même tronc : le socialisme, explique Kaligula qui précise :

1) On nous dit : « idéologiquement, le fascisme est d’abord un nationalisme d’extrême droite ». C’est faux !

Selon l’historien Zeev Sternhell, grand spécialiste de la question, le fascisme plonge ses racines dans la période 1880-1914, lorsque certains socialistes ont constaté que l’internationalisme prolétarien se heurtait au patriotisme profond des masses ouvrières. Toujours très hostiles au capitalisme, mais ayant pris acte de ce que la nation est un moteur plus puissant que la classe sociale, ces hommes évoluent alors vers un socialisme national qui, après 1918, formera le coeur de l’idéologie fasciste, en Italie comme en Allemagne. Selon Drieu de la Rochelle, célèbre écrivain des années 30, « n’est pas fasciste qui veut : un simple nationaliste ne peut l’être, parce qu’il n’a pas la moindre idée du socialisme ».

2) On nous dit : « philosophiquement, les idéaux de gauche s’opposent à ceux du fascisme ». C’est faux !

Le fascisme partage avec le socialisme le culte de l’Etat, qui doit entièrement organiser la vie sociale ainsi que la croyance dans les vertus de l’économie dirigée.

Comme le communisme, il valorise le peuple contre le « bourgeois », le groupe contre la personne.

Selon la grande philosophe Hannah Arendt, cette préférence pour le Tout contre le particulier (qui est aussi le critère fondamental du socialisme) est un des éléments constitutifs du totalitarisme.

On peut faire beaucoup de reproches aux libéraux et aux chrétiens, mais eux, à la différence des socialistes, ne sont pas suspects de mépris pour l’individu ou la personne.

3) On nous dit : « historiquement, le fascisme s’est développé à droite ». C’est faux !

  • Le fondateur du fascisme, Mussolini, fut d’abord un dirigeant du parti socialiste italien.
  • En France, les seuls chefs authentiquement fascistes furent des théoriciens d’extrême gauche (Valois), des responsables du parti communiste (Doriot), et des députés socialistes (Déat).
  • En Angleterre, Oswald Mosley fonda un parti fasciste après avoir été ministre dans un gouvernement de gauche.
  • En Allemagne, de nombreux communistes furent séduits par les propositions socialistes du parti NSDAP (de l’allemand national-sozialismus, qui se traduit par socialisme national et non par national socialisme).

Le fascisme a su séduire, ça et là, quelques hommes de droite. Il n’en reste pas moins fondamentalement issu de l’extrême gauche.

4) On nous dit : « politiquement, la droite a toujours été complaisante avec le fascisme ». C’est faux !

Non seulement le fascisme n’a pas été engendré par la « droite », mais durant l’entre-deux-guerres, il n’a pu se développer que là où elle était trop faible pour lui faire obstacle.

En France, le christianisme social et patriotique des Croix de Feu du colonel de la Rocque a empêché l’émergence et le triomphe d’un grand parti fasciste d’imitation allemande ou italienne.

En Roumanie ou en Hongrie, c’est la droite conservatrice qui a procédé à la « liquidation », parfois sanglante, des partis fascisants.

Il est malhonnête d’associer le fascisme à la droite conclut Kaligula. Tout comme il serait malhonnête d’oublier que Lénine, Staline, Mao, Pol-Pot, Ceaucescu et Castro sont communistes, et que la plupart sont coupables de crimes contre l’humanité.

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L’économiste Henri Lepage confirme

« Somme toute, le fascisme est assez proche des sociétés socialistes »

Henri Lepage, ancien professeur à l’Université Paris-Dauphine, économiste au Parlement européen, et membre du conseil d’administration de l’Institut Turgot rend le fascisme aux socialistes, en rappelant qu’il « s’identifie avec une politique économique et industrielle qui aboutit au contrôle des principales activités économiques par l’État et transfère à des bureaucraties publiques ou corporatives l’essentiel des attributs réels de la propriété », ce qui « somme toute, est assez proche de celui des sociétés socialistes ».

Le Parti Populaire Français, principal parti fasciste, fondé par un communiste

Le PPF a été fondé et dirigé par Jacques Doriot en 1936.

Doriot est un journaliste communiste français, membre du parti. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est l’une des figures de proue de la collaboration avec les Boches.

Il quitte le Parti communiste français pour fonder un parti fasciste, le Parti Populaire Français, qui sera de 1940 à 1944, sous l’Occupation allemande, l’un des principaux partis de la Collaboration.

Le Rassemblement National Populaire, parti fasciste, socialiste et européen

Le RNP, fondé en 1941 par Marcel Déat, est l’un des trois plus importants parti collaborationniste français. C’était un parti fasciste, socialiste et européen, qui voulait « protéger la race » et collaborer avec l’Allemagne nazie.

Ses instances dirigeantes viennent de la gauche pacifiste : de la SFIO et du néosocialisme. Son discours est socialiste. Il encourage l’activité syndicaliste, et présente une orientation fédéraliste européenne marquée.

Son fondateur, Marcel Déat, ancien député SFIO, est un pur homme politique socialiste, puis néo-socialiste et collaborationniste.

Il participe à la création du Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès, le 5 novembre 1933, et devient le chef de file des néo-socialistes fascistes.

Ainsi, le fasciste et collabo Marcel Déat sera, avec Pierre Renaudel, Adrien Marquet ou encore Gustave Fourment, l’un de premiers dirigeants du premier Parti socialiste de France.

« Je suis Socialiste, et un Socialiste plus authentique que votre riche ami le Comte Reventlow », disait Hitler à Otto Strasser en 1930 (« Ich bin Sozialist, ganz anders als z.B. der hochvermögende Herr Graf Reventlow. Ich habe als Arbeiter angefangen. Ich kann heute noch nicht sehen, wenn mein Chauffeur ein anderes Essen hat als ich. Aber was sie als Sozialismus verstehen ist einfach ein krasser Marxismus »)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Alain Leger pour Dreuz.info.

Sources :

michael-mannheimer.net

forums.france2.fr