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Obama est-il un agent iranien ?   dimanche, 23 août 2015  Par Guy Millière
La question que j’ai placée en titre de cet article appelle une réponse immédiate. Non, Obama n’est pas un agent du régime islamique en place à Téhéran depuis trente-six ans. Ou, à tout le moins, rien ne l’indique. Obama est tout juste un gauchiste islamophile, qui a pratiqué l’islam dans sa jeunesse et a eu des fréquentations islamiques jusqu’à quelques années à peine avant qu’il devienne président, ce qui est déjà édifiant.
Ses fréquentations islamiques, cela dit, étaient en général sunnites. Il a tout fait, pendant les premières années de sa présidence, pour que les Frères Musulmans parviennent au pouvoir dans le monde sunnite. Il a laissé l’Etat Islamique se mettre en place jusqu’à ce qu’il devienne la tumeur cancéreuse qui ronge la Syrie et l’Irak, et il ne combat pas sérieusement la tumeur, ce qui signifie qu’il la laisse perdurer.
Il n’en reste pas moins qu’un élément central de sa stratégie au Proche-Orient n’a cessé d’être l’installation de l’Iran en position de puissance hégémonique régionale. L’hypothèse de départ d’Obama était un Proche-Orient dominé par l’islam radical, avec l’Iran hégémonique et doté de l’arme nucléaire, d’un côté, et les Frères Musulmans, trouvant des terrains d’entente avec l’Iran, de l’autre.
L’objectif initial n’a pu être atteint en ce qui concerne les Frères Musulmans, dès lors que la pièce maitresse de ce plan est tombée avec la chute de Mohammed Morsi, l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al Sissi au Caire, et le soutien apporté à Sissi par la monarchie saoudienne.
Un vestige du but initial perdure dans le sillage des Frères Musulmans ; c’est l’Etat Islamique, qui combat l’Egypte d’al Sissi et l’Arabie Saoudite : mais ce n’est qu’un vestige. Même s’il le voulait, Obama ne serait pas en mesure de passer d’accord avec l’Etat Islamique.
L’objectif iranien, en revanche, progresse à grands pas.
L’accord signé à Lausanne avec le régime des mollahs a été ratifié aux Nations Unies. Ceci a eu pour conséquences immédiates l’engouement effréné de dirigeants européens pour les voyages en Iran, en pensant à tous les contrats qu’ils allaient pouvoir signer, de même que les gestes multiples de Poutine, tout heureux de vendre des armes au régime des ayatollahs. Le président russe s’est montré très satisfait de recevoir le Général Qassem Souleimani, le chef des forces spéciales des Gardiens de la Révolution Islamique, aux fins de parler stratégie, pendant que la Chine procédait dans la même direction par des gestes plus discrets mais néanmoins bien réels.
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Même un rapprochement dialectique ?
L’accord est de facto ratifié par les Etats Unis, puisqu’Obama a contourné le Congrès et trahi la Constitution pour y parvenir, en faisant voter aux Nations Unies en faveur de l’accord, ce qui réduit la portée du vote du Congrès, qui doit avoir lieu à la mi-septembre, à un simulacre de choix.
L’accord avait été, en réalité, élaboré bien plus tôt, dès 2011, comme le montrent des éléments qui viennent d’être divulgués par l’Iran. Obama avait en effet choisi à l’époque John Kerry, qui n’était pas encore Secrétaire d’Etat, mais se trouvait à la tête du Comité du Sénat chargé des Relations Etrangères (Senate Foreign Relations Committee), au temps où Mahmoud Ahmadinejad était président de la République Islamique d’Iran. Une lettre disant que les Etats Unis reconnaissaient le droit de l’Iran à poursuivre ses activités nucléaires et à œuvrer pour la levée de toutes les sanctions avait été envoyée par Kerry à Ahmadinejad, par l’intermédiaire du Sultan d’Oman. Des négociations secrètes s’en étaient suivies, au Qatar et à Oman. Les négociations tenues depuis n’ont été elles-mêmes qu’une parodie.
Lorsqu’Obama s’est rendu au Caire, en 2009, pour prononcer le discours d’al Azhar, il pensait que les Frères Musulmans parviendraient au pouvoir en Egypte. Lorsqu’il a élaboré l’accord avec l’Iran, les Frères Musulmans étaient aux affaires au Caire ; lorsqu’il a finalisé ledit accord, la situation était différente, et les Frères Musulmans étaient sortis de l’équation, c’est tout.
Obama n’est pas un agent du régime islamique iranien, non, mais il se conduit présentement comme s’il en était un : il se conduit, depuis 2011, comme s’il en était un.
Des observateurs avaient noté, lorsqu’Obama courtisait les Frères Musulmans, qu’il reprenait des éléments de langage au discours des Frères Musulmans. C’était flagrant dans le discours du Caire, et seuls les sourds n’avaient pas entendu, alors que c’était un discours chargé d’intonations islamiques. Seuls les aveugles avaient ignoré que le rédacteur du discours était un certain Feisal Abdul Rauf. Il y eut beaucoup de sourds et d’aveugles.
Des observateurs ont noté, ces derniers temps, que la presse officielle iranienne tressait de chaleureuses louanges à Obama, tout en constatant qu’Obama détruisait les Etats Unis de l’intérieur, sous le regard impuissant des Républicains et de quelques Démocrates un peu plus lucides que les autres. Ces observateurs ne sont pas nombreux.
L’un d’eux, Amir Taheri, iranien de naissance, a remarqué, avec une tristesse désabusée, qu’Obama se rapprochait désormais tellement de l’Iran des mollahs, qu’il reprenait leurs façons de parler.
Amir Taheri notait que c’était particulièrement évident dans le discours prononcé récemment par Obama à l’American University pour défendre l’accord avec le régime des mollahs. Outre le recours à la taqiyah (dissimulation), Obama, a dit Taheri, s’est livré à ce que les mollahs appellent takhrib, le fait de s’en prendre personnellement à ses adversaires pour éviter de répondre à leurs arguments. Il s’est livré aussi à ce que les mollahs nomment siahkari, soit le fait de diffamer quelqu’un jusqu’à le faire passer pour l’inverse de ce qu’il est.
Seul Amir Taheri a distingué ces points. Il y a, décidément, beaucoup de sourds et d’aveugles.
Très peu d’analystes ont déchiffré la stratégie d’Obama. Aucun analyste de langue française n’a déchiffré d’emblée la stratégie d’Obama. Je pense avoir été le seul. J’ai apporté des preuves à charge par centaines à l’appui de ce que j’ai écrit. Les sourds et les aveugles n’entendent rien et ne voient rien.
Je dois dire que je n’aurais pas imaginé, même dans mes pires cauchemars, voir un jour un président tel qu’Obama à la Maison Blanche.
J’admets aussi que je n’aurais jamais imaginé non plus voir surdité et cécité régner à ce point sur le monde. Il reste des observateurs dignes de ce nom aux Etats-Unis et en Israël. Il n’y en a quasiment plus en Europe