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How and why to kill the deal – Caroline B. Glick.

Comment et pourquoi briser l’accord

par Caroline B. Glick

 

D’abord publié sur le “Jerusalem Post”

22 juillet 2015

 

http://www.jewishworldreview.com/0715/glick072215.php3#MU3eVlDYerDRhEwU.99

 

Adaptation française de Sentinelle 5775 ©

 

 

Le journaliste du ‘Washington Post’ David Ignatius est un homme raisonnable. Après avoir écouté de nouveau des entretiens entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le Premier ministre Benjamin Netanyahou au sujet du pacte du gouvernement Obama avec les ayatollahs d’Iran, il a tenté de les équilibrer.

S’adressant samedi dans l’émission ‘Face à la nation’, Ignatius a montré l’équivoque : d’un côté, le bénéfice sur l’accord  [pour Kerry] c’est que les détails sont solides, que cela a été soigneusement négocié, que cela se maintiendra pour 10 ans ou plus ».

D’un autre côté il a déclaré : “Netanyahou a raison. L’Iran est une force déstabilisatrice dangereuse au Moyen-Orient. Aussi d’une certaine manière, une bonne politique me semble d’utiliser l’accord pour couvrir la menace nucléaire que l’Iran poserait pendant 10 ans mais de travailler sur cet autre problème ».

Les remarques d’Ignatius servent à justifier le soutien à l’accord. Après tout, si l’accord d’Obama couvre le programme nucléaire de l’Iran pendant 10 ans, alors c’est une bonne chose. Comme pour l’autre aspect, on peut s’en occuper séparément.

Malheureusement, alors que cela sonne éminemment raisonnable, l’analyse d’Ignatius est incorrecte. Les détails de Kerry sur l’accord sont à côté de la plaque. Le gros de l’affaire est la seule chose qui compte. Il inclut deux points principaux.

D’abord l’accord garantit que l’Iran développera des armes nucléaires. Ensuite, il donne 150 milliards de dollars aux mollahs.

Les détails de l’accord – le nombre de centrifugeuses continuant de tourner, les mécanismes de vérification, les procédures de résolution en cas de désaccord, etc… sont tous sujets à discussion. Et de façon grandement futiles, au moins quand on les compare aux deux aspects irréfutables du gros de l’affaire.

Selon le gouvernement Obama, l’Iran a besoin aujourd’hui d’une année pour utiliser les matériaux nucléaires dont on sait  qu’il les possède pour fabriquer une bombe nucléaire. D’autres sources affirment que l’Iran a besoin de plusieurs mois pour accomplir cela.

Puisque ces matériaux resteront en possession de l’Iran suivant l’accord, si elle l’abandonne, elle aura besoin d’au moins un an pour fabriquer de nouvelles bombes nucléaires.

Ensuite il y a les aspects inconnus du programme nucléaire de l’Iran. Nous devons présumer que l’Iran a des opérations secrètes en cours dans des installations inconnues à travers lesquelles elle a acquis des capacités inconnues.  

Ces capacités réduiront probablement le temps nécessaire pour que l’Iran fabrique la bombe.

Suivant l’accord, les USA et leurs partenaires de négociation doivent protéger les installations nucléaires de l’Iran de tout sabotage et autres formes d’attaques. Ils doivent aussi enseigner à l’Iran comment développer et utiliser des centrifugeuses plus avancées. Par conséquent  à l’expiration de l’accord, l’Iran sera capable de fabriquer des bombes nucléaires à volonté.

Si l’Iran demeure une menace, l’accord empêche les USA de prendre la moindre mesure pour contrecarrer toute guerre.

L’accord met fin au régime des sanctions internationales contre l’Iran. Avec les sanctions s’évapore toute perspective de coalition internationale rassemblant des forces pour exercer une action militaire contre l’Iran si elle s’écarte de l’accord. Ainsi les sanctions sont dissipées, la dissuasion est levée. Et il ne reste que la            guerre.

En d’a utres termes, loin de diminuer les risques de guerre, l’accord rend inévitable que l’Iran obtienne la bombe, ou il y aura une guerre à pleine échelle, ou les deux.

Enfin il y a le remboursement du jackpot.

Qui sait ? Peut-être les mollahs vont-ils utiliser leurs 150 milliards de $  pour financer de nouvelles universités pour les femmes à Téhéran et à Mashad, et un séminaire de libéralisme islamique à Qom.

Ou bien peut-être l’argent sera-t-il utiliser pour financer des insurrections et des guerres par procuration et des campagnes terroristes à travers la région et le monde.

Le fait extraordinaire au sujet de l’accord est que la seule personne qui ait la          parole sur la façon dont cet argent sera dépensé est le dictateur iranien Ali Khamenei, et celui-ci a été très clair sur sa façon d’utiliser l’argent.

Dans des discours anti-américains vendredi et samedi, Khamenei a menacé de façon répétée les USA et proclamé des appels à leur destruction. Discourant à la prière du vendredi devant une bannière qui déclarait: « Nous piétinerons l’Amérique », Khamenei a fait l’éloge des cris de « Mort à l’Amérique ».

Samedi, il a promis de continuer à financer et à parrainer le terrorisme et les guerres par procuration. De même remarquablement, il a refusé de s’engager à maintenir l’accord nucléaire avec les USA et les cinq autres puissances. 

En ce qui concerne l’administration Obama, maintenant que le Conseil de Sécurité de l’ONU a sanctifié l’accord dans une résolution contraignante et lui a ainsi conféré force de loi internationale pour un accord qui garantit que l’Iran recevra la bombe et 150 milliards de $, l’accord est fait. On ne peut pas revenir dessus.

Mais cela n’est pas nécessairement vrai. Le Congrès peut avoir plus de pouvoir qu’il ne le réalise pour briser l’accord avant que l’Iran n’obtienne l’argent et avant que les autres dispositions ne soient exécutées.

Au cours des mois ayant conduit à la conclusion des négociations mardi dernier, Obama a refusé de reconnaître qu’il négociait un traité. Il a préféré dire que ce n’était rien de plus qu’un accord exécutif. Par conséquent a-t-il argumenté, la seule autorité du Sénat pour ratifier les traités à la majorité des deux tiers ne serait pas applicable pour l’accord avec l’Iran.

Obama a aussi ajouté qu’il empêcherait le Congrès en liant l’accord par une résolution contraignante du Conseil de Sécurité de l’ONU. Cette résolution obligerait le successeur d’Obama à maintenir l’accord après qu’il aura quitté ses fonctions.

Obama a atténué sa position légèrement quand le Sénateur Bob Corker, Président du Comité Sénatorial des Relations Internationales, a émis un projet de loi Corker-Cardin avec des majorités de veto dans les deux Chambres. Le projet, qu’Obama aurait signé avec réticence en tant que loi, exige qu’il soumette l’accord à un vote ‘aller-retour’ dans les deux Chambres. Si une majorité des 2/3 de Sénateurs et Congressistes s’y opposent, alors les USA n’abrogeront pas leurs sanctions unilatérales contre l’Iran.

En d’autres termes, Obama a admis que si le Congrès a tourné la constitution en remplaçant la majorité des 2/3 requise au Sénat par une majorité bicamérale des 2/3 nécessaire pour désapprouver son accord exécutif – alors il n’irait pas au Conseil de Sécurité jusqu’à ce que le Sénat l’ait voté.

Quand Obama a trahi sa promesse et est allé au Conseil de Sécurité lundi dernier, il a ouvert au Congrès une fenêtre pour reconsidérer sa position, il a laissé tomber la loi restrictive Corker-Cardin et réaffirmé l’autorité d’approbation du traité du Sénat.

Comme l’ancien Procureur Général Andrew McCarthy l’a développé dans « National Review » la semaine dernière, en annulant entre autres choses l’embargo sur les armes et les missiles à l’égard de l’Iran, l’accord des six puissances avec l’Iran est allé bien au-delà de la loi Corker-Cardin, qui ne traitait que de la levée des sanctions nucléaires. Par conséquent, le Congrès peut proclamer qu’il n’y a pas de raison pour l’invoquer.

Plutôt que d’invoquer la loi Corker-Cardin, le Congrès peut adopter une résolution conjointe déterminant que l’accord avec l’Iran est un traité, et annoncer que suivant la Constitution des USA, le Sénat va programmer un vote à son sujet dans les 30 jours. Alternativement, le Congrès peut conditionner le statut légal de l’accord avec l’Iran sur une législation autorisant une majorité simple dans les deux Chambres.

Dan Darling, conseiller en politique étrangère du sénateur Républicain et candidat présidentiel Rand Paul a écrit Lundi que les Sénateurs peuvent utiliser la procédure du Sénat pour obliger le comité des Relations Etrangères à agir de cette manière. Darling a mis en avant que le ‘Speaker’ (président) du Congrès John Boehner peut soit refuser de prendre en compte l’accord parce que c’est un traité, ou bien insister pour adopter une législation à travers des procédures législatives normales.

Lundi Netanyahou a expliqué qu’en maintenant des sanctions des USA en vigueur, le Congrès peut limiter la capacité de l’Iran à aller au-delà du régime de  sanctions actuelles même après leur annulation. Chaque Etat et entreprise envisageant des opportunités d’affaires avec Téhéran devra les peser face au coût d’opportunité de se placer sur une liste d’interdiction de faire des affaires avec les USA.

L’Iran pour sa part peut s’écarter totalement de l’accord si le Congrès agit de cette manière. Si elle le fait, alors les USA ne seront obligés par aucun des engagements de l’accord. La viabilité de la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU sera un objet de discussion pour les juristes.

Le vice dans l’accord d’Obama avec l’Iran ne réside pas dans les détails engourdissants, mais dans le gros du tableau. L’accord garantit à l’Iran d’obtenir la bombe. Il offre au régime iranien 150 milliards de $.

Pour assurer ces concessions, Obama a piétiné l’autorité du Congrès.

Si le Peuple américain pense que cela ne se fait pas pour son intérêt national, il doit encourager ses Représentants au Congrès à enterrer la loi Corker-Cardin et à utiliser leur pleine autorité, comme branche équivalente du gouvernement et le saboter.