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Le terrorisme redessine l’identité – LE PEUPLE.

A l’issue de la minute de silence en hommage à Hervé Cornara, décapité par son bourreau islamiste, la foule a entonné la Marseillaise.

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Au lendemain du drame de Saint-Quentin-Fallavier, le martyr d’Hervé Cornara, qui a dû subir le pire avilissement que l’on puisse imaginer, la population et les élus de l’endroit où se sont produits les faits, le 27 juin, ont tenu à rendre hommage à la victime. A l’issue de la minute de silence, un septuagénaire a entonné la Marseillaise, avant d’être rejoint dans ce chant hautement symbolique par l’ensemble de la foule. Un fait rare que la presse s’est gardée de relever. Pourquoi?

Une chose est certaine, les marches blanches sont sans effet. Elles démarrent dans un élan porté par des émotions, sincères pour certains, moins pour d’autres. Mais pour bon nombre de participants, elles remplacent le footing du dimanche tout en se donnant bonne conscience. Leur impact réel? Disons qu’on peut prêcher et aussi marcher dans le désert… Même un mouvement comme Pegida, malgré la grande motivation des participants, a fini par s’essouffler. Probablement pour la simple raison que l’Homme est un animal social qui, à de très rares exceptions près, vit en société et fonctionne en groupe. En démocratie, c’est la raison d’être d’un parti politique; un ensemble qui se structure sur quelque chose de plus vaste que le rejet de certaines pratiques pour défendre un véritable projet de société, comme le propose le Parti Populaire.

L’éphémère addition de nos colères ne peut rien changer aux dysfonctionnements qui les provoquent. Seule, une action coordonnée et structurée dans la durée peut provoquer les changements dont nous sommes tellement demandeurs en matière de lutte contre le terrorisme et contre l’islam radical. Les acteurs sont présents, leurs attentes aussi mais il manque le ciment qui permet de construire l’action : la culture et l’identité. Même les entreprises créent une « culture d’entreprise » pour offrir un cadre dans lequel leurs employés peuvent inscrire leurs performances. Cela passe par un logo, par une devise, par un lieu emblématique…

La Marseillaise est un des ces éléments fédérateurs, chargé de symbole et porteur d’une identité. Il crée un sentiment d’appartenance à la nation française et à ses valeurs. C’est un message inclusif qui permet à celui qui le porte de rejoindre une communauté. Il crée un lien sur base d’un acte volontaire, adhérer à une communauté structurée autour de valeurs établies, en faisant fi de caractéristiques sociales, religieuses ou ethniques. C’est l’essence même de l’esprit républicain, celui qui animait la France avant d’être bradé face à la lâcheté des partis traditionnels vis-à-vis du communautarisme.

Aujourd’hui, entonner la Marseillaise relève presque de l’acte de résistance car toute manifestation de l’identité est soigneusement évacuée. Et c’est la même chose en Belgique. Une semaine à peine avant le drame de Saint-Quetin-Fallavier, Joëlle Milquet s’exprimait ainsi à nos confrères du Vif : « Il faut convaincre le monde belgo-belge que nous sommes condamnés à vivre ensemble, que la Belgique homogène, d’il y a cinquante ans, c’est terminé, que Bruxelles a une diversité qui fait aussi sa richesse… On a un magnifique combat à mener : c’est démontrer à la face du monde que cette cohabitation est possible » après avoir dit : « La Stib ou des grandes entreprises aménagent des lieux pour que certains puissent faire une prière quand ils en ont le temps. Pendant le ramadan, on essaie de ne pas manger et boire devant ceux qui jeûnent : c’est du respect ! ». Merci pour le méprisable monde belgo-belge et bravo pour le respect! Les électeurs du CDH doivent bien comprendre pour qui ils votent.
N’en déplaise à Valls ou Cazeneuve en France, Milquet en Belgique et tous leurs partenaires, qu’ils soient écologistes, libéraux ou même « Républicains », les discours protéiformes, qui ratissent large, cachent de moins en moins bien leur volonté de parler pour ne rien dire, et surtout, ne rien faire! Quand Valls évoque « une guerre de civilisations » pour draguer avec lourdeur un électorat de droite, il oublie que la guerre a pour première conséquence l’instauration de la loi martiale… Plus l’exaspération, voire la frustration du peuple grandira sur fond de déclarations à l’emporte-pièces, moins il sera enclin à marcher pour ne pas agir…

T.H.