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LE DROIT AU RETOUR DES PALESTINIENS EST UNE ILLUSION

Par Youssef Nasser al Sweidan, journaliste saoudien

Paru dans le quotidien koweitien « al Syassah », la Politique, les 5/16 mars 2007

Traduit de l’arabe et  présenté par Memri-Special Dispatch series n°1540- le 12 avril 2007

Traduit de l’anglais par Artus pour www.nuitdorient.com

 empire otoman palestine 1923

plan de partage adopté par les grandes puissances  après le démantèlement de l’empire ottoman par la conférence de San Remo en 1920 (avant la création de l’ONU)

« Le droit au retour » est une idée non réalisable

Dans son 1er article du 5/3/07 sous le titre « L’idée impossible du droit au retour », Al Sweidan écrit.

Le slogan du droit au retour brandi par les organisations palestiniennes est perçu comme une des plus grandes difficultés et l’obstacle majeur au processus de paix entre Israël et les Palestiniens, sur la base de la feuille de route et la solution à 2 états.

Il est évident que déraciner les descendants des réfugiés de leurs foyers actuels en Syrie, au Liban, en Jordanie et dans d’autres pays et les ramener en Israël, en Cisjordanie ou à Gaza est une utopie et la recette d’une anarchie. Plus que cela, c’est une idée non réalisable, pas seulement du fait que le déséquilibre démographique est un danger destructeur ou que les conséquences politiques et socio-économiques seraient désastreuses pour un si petit territoire, mais surtout parce que ce retour de réfugiés est une brèche flagrante du droit à la souveraineté de l’état d’Israël et d’un autre côté l’Autorité Palestinienne n’a pas l’infrastructure nécessaire pour absorber autant d’immigrants, tant que la paix n’est ni conclue ni consolidée.

Le problème des réfugiés résulte d’erreurs faites par les pays d’accueil arabes

Les états arabes hôtes comme la Jordanie ou la Syrie ont accumulé les erreurs, en isolant les réfugiés dans des camps minables, sans les conditions d’hygiène minimales pour une existence digne. Au lieu de les aider à s’intégrer dans la nouvelle société, ils les ont transformés en victimes de souffrances et d’isolement. Plus tard, c’était pire, lorsque les agences arabes du Renseignement ont utilisé les organisations palestiniennes comme outils pour résoudre une quantité de conflits interarabes qui n’on pas de rapport avec les Palestiniens.

De leur côté les Israéliens ont traité avec humanité et d’une manière civilisée les milliers de réfugiés juifs des pays arabes qui avaient perdu leurs biens, leurs maisons et leurs commerces, forcés à émigrer vers Israël après la guerre de 1948. Le gouvernement Israélien les reçut, les aida et créa les conditions de leur intégration dans leur nouvelle société.

Les mensonges du régime baathiste de Syrie et ses slogans fallacieux comme le « droit au retour », ou « ténacité et résistance », « lutte nationale » et d’autres slogans aussi ridicules rendent évident le fait qu’à ce jour, des douzaines de familles Palestiniennes se trouvent abandonnées dans le désert de Syrie, à la frontière avec l’Irak. Les Syriens leur refusent l’entrée dans leur horrible République baathiste, et même pour aller dans le camp de Yarmouk.

Les pays arabes qui hébergent des réfugiés Palestiniens depuis des décennies devraient prendre les dispositions légales pour les intégrer dans leur société. Ils devraient leur procurer le service de santé et l’éducation, leur permettre de circuler et de travailler librement, de posséder des biens, au lieu de poursuivre leur politique d’exclusion et laisser la responsabilité de s’en occuper à d’autres (Onu), tout en diffusant l’illusion impossible du « retour en Palestine »…

Les réfugiés Palestiniens n’ont pas besoin de 60 nouvelles années de misère

Dans son 2ème article daté du 16/3/07 et intitulé « La solution est la naturalisation », al Sweidan écrit.

Il ne fait aucun doute que les réfugiés Palestiniens en Syrie et au Liban — qui ont été nourris de rêves impossibles et de promesses fallacieuses par leurs hôtes et pendant de longues années — n’ont pas besoin de 60 nouvelles années de misère, de détresse et de souffrances, pour arriver à comprendre pour la millième fois que tous les discours à propos des « ponts du retour » ne sont rien d’autres que des non sens et des mensonges, un conte de fées qui ne peut jaillir que de la démagogie usée de la propagande arabe.

Il n’y a pas de pont pour le retour, mais un pont que nous devons maintenant traverser, celui du processus de paix et de la normalisation des relations entre les Arabes et Israël. Sans aucun doute, les Arabes ne peuvent plus continuer à retarder la mise en œuvre de ce processus. Vu les changements stratégiques dans la région, pour tout retard, les sociétés arabes devront payer un prix élevé aujourd’hui et demain. Ces changements exigent une solution immédiate au conflit israélo-arabe et les parties doivent réunir leurs énergies pour affronter la menace et les périls d’un Iran nucléaire.

La solution inévitable est de naturaliser les réfugiés dans leur pays d’accueil

Pendant que le processus de paix se mettra en place, il est nécessaire de prendre des décisions réalistes, hardies et inévitables pour apporter une solution juste au problème des réfugiés de Palestine, en les naturalisant dans les pays hôtes. Bien que ce projet soit humanitaire, il requiert des efforts intenses sur le plan logistique, administratif, législatif et économique, pour intégrer ces réfugiés dans le corps social et politique de la société.

Cette naturalisation est la seule solution à ce problème chronique et elle fait partie de l’ensemble du processus de paix et de la réconciliation historique entre les Arabes et les Israéliens et elle les renforcera.

Saudi Columnist: ‘The Right of Return Is an Illusion’

Memri – Special Dispatch Series – No. 1540 – April 12, 2007

In two recent articles in the Kuwaiti daily Al-Siyassa, Saudi columnist Yousef Nasser Al-Sweidan argued that the Palestinian refugees’ right of return is an idea that cannot be implemented, and that the only solution is for the refugees to be naturalized in the countries where they currently reside. The following are excerpts from the articles:

The Right of Return – An Idea that Cannot Be Implemented

In the first article, published March 5, 2007 and titled « On the Impossible [Idea] of the Right of Return, » Al-Sweidan wrote: « …The slogan ‘right of return’… which is brandished by Palestinian organizations, is perceived as one of the greatest difficulties and as the main obstacle to renewing and advancing the peace process between the Israelis and the Palestinians based on the Road Map and a two-state solution.

« It is patently obvious that uprooting the descendents of the refugees from their current homes in Lebanon, Syria, Jordan, and other countries, and returning them to Israel, to the West Bank, and to Gaza is a utopian ideal and [a recipe for] anarchy. More than that – it is an idea that cannot be implemented, not only because it will upset the demographic [balance] in a dangerous and destructive manner, and will have [far-reaching] political, economic and social ramifications in such a small and constrained geographical area, but [mainly] because the return [of the refugees] stands in blatant contradiction to Israel’s right as a sovereign [state], while the Palestinian Authority lacks the infrastructure to absorb such a large number of immigrants as long as the peace process… is not at its peak… »

The Refugee Problem is the Result of Mistakes By the Host Countries

« Clearly, the refugee problem is mainly the result of cumulative mistakes made by the countries where [the refugees] live… such as Syria and Lebanon, which have isolated the refugees in poor and shabby camps lacking the most basic conditions for a dignified human existence. Instead of helping them to become fully integrated in their new society, they let them become victims of isolation and suffering… Later, the worst of all happened when Arab intelligence agencies used the Palestinian organizations as a tool for settling scores in internal Arab conflicts that probably have nothing to do with the Palestinians…

« The Israelis, on the other hand, were civilized and humane in their treatment of the thousands of Jewish refugees who had lost their property, homes and businesses in the Arab countries, and who were forced to emigrate to Israel after the 1948 war. The Israeli government received them, helped them, and provided them with all the conditions [they needed] to become integrated in their new society…

« The lies of the Syrian Ba’th regime, and its trading in slogans like ‘right of return,’ ‘steadfastness,’ ‘resistance,’ ‘national struggle,’ and all the other ridiculous [slogans], are evident from the fact that, to this day, dozens of Palestinian families [remain] stranded in the desert on the Syrian-Iraqi border, because the Syrian regime refuses to let them enter its horrifying Ba’th republic and return to the Yarmouk [refugee] camp.

« The Arab countries where the Palestinians live in refugee camps must pass the laws necessary to integrate the inhabitants of these camps into society. [In addition, they must] provide them with education and health services, and allow them freedom of occupation and movement and the right to own real estate, instead of [continuing] their policy of excluding [the refugees] and leaving the responsibility [of caring for them] to others, while marketing the impossible illusion of return [to Palestine]… » [1]

The Refugees Don’t Need Another 60 Years of Misery

In the second article, published March 16, 2007 and titled « Naturalization is the Solution, » Al-Sweidan wrote: « There is no doubt that the Palestinian refugees in Syria and Lebanon – who have for many long years been fed by their Arab hosts on impossible dreams and on shiny promises that were soon broken – do not need another 60 years of misery, wretchedness and suffering… in order to figure out for the thousandth time that all the talk about the ‘bridge of return’ is [nothing but] nonsense and deceit – a fairytale that exists only in the old, worn-out demagogy of the Arab propaganda…

« In reality, there is no ‘bridge [of return]’… except for the bridge that we now must pass… called the peace process and normalization of relations between the Arabs and Israel. Undoubtedly, the Arabs cannot continue to avoid the implementation [of the peace process], which brooks no further delay. [Any delay] will have a heavy price for the Arab societies in the present and in the future, considering the sharp strategic changes [occurring] in the Middle East. [These changes] demand an immediate and final solution to the Arab-Israeli conflicts, and [require] the two sides to direct their joint energies and efforts towards confronting the Iranian nuclear threat which imperils us all. »

The Inevitable Solution is to Naturalize the Refugees in the Host Countries

« As the Middle East peace process gains momentum, and as the regional and international forces remain committed to the need to resolve this [conflict]… there is a growing necessity for a realistic, unavoidable and bold decision that will provide a just solution to the problem of the Palestinian refugees by naturalizing them in the host countries, such as Syria, Lebanon, and other countries.

« Even though this is a humanitarian [project], it requires intensive efforts on the legislative, economic, logistic, and administrative levels, in order to integrate the Palestinians organically into the social, economic and political fabric of the Arab societies…

« By every conceivable and accepted criterion, naturalizing the refugees [in the Arab countries] is the inevitable solution to [this] chronic humanitarian problem. The fact that [this solution] constitutes an important part of the overall peace process and of the historic reconciliation between the Arabs and the Israelis will help to reinforce [the naturalization process] and to perpetuate it. » [2]

[1] Al-Siyassa (Kuwait), March 5, 2007.

[2] Al-Siyassa (Kuwait), March 16, 2007.