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La politique d’Obama pour asseoir l’Etat Islamique

 

 


La politique d’Obama pour asseoir l’Etat Islamique

 

 

Pendant des mois, de nombreux observateurs occidentaux ont suivi de près les développements, minute par minute de la bataille entre l’État Islamique et les forces de la coalition dans l’espoir de discerner ce que l’avenir pouvait réserver.

 

Pourtant, connaître la fin du jeu est à la portée de quiconque consulte l’administration Obama avec les yeux d’un hérisson, pas ceux d’un renard.

 

Dans un article publié il y a plus de sept mois, j’avais prévu les principales évolutions qui ont lieu depuis que le président américain Barack Obama a déclaré la guerre à l’Etat Islamique (c’est-à-dire des «frappes aériennes») en Septembre 2014. Intitulée «Obama a-t-il besoin de Temps pour vaincre ou oublier ISIS », j’ai fait les prédictions suivantes, qui se sont toutes avérées exactes, et dans le même ordre:

 

Obama a dit : « Il faudra du temps » [pour vaincre ISIS] une affirmation qui invite à la prédiction suivante: les frappes aériennes américaines sur des cibles d’ISIS continueront d’être juste suffisantes pour apaiser ceux qui appellent à l’action contre le califat (« nous faisons ce que nous pouvons »). La version officielle du  gouvernement sera que l’État islamique est progressivement affaibli, que la victoire est une question de temps (rappelez-vous, « Il faudra du temps ») ….

 

Nous entendrons parler de victoire occasionnelle contre ISIS – tel ou tel dirigeant tué ou capturé …

 

Puis, aussi « soudainement » qu’ils sont apparus en Irak, nous allons « soudainement » à nouveau entendre, probablement d’abord de la part d’ISIS même – que l’Etat islamique a fait quelques grandes avancées, remportant une nouvelle portion de territoire, et que le califat continue de croître et de se renforcer.

 

Maintenant examinez comment les actions de l’administration Obama ont rempli ces prédictions, et souvent dans le même ordre.

 

En Février dernier, les chiffres clés de l’administration Obama, du Secrétaire d’Etat John Kerry et du général à la retraite John Allen, coordinateur spécial du président pour la coalition contre l’État islamique – ont triomphalement affirmé que, grâce aux frappes aériennes américaines,  « la moitié des leaders du groupe avait été tué en Irak. « 

 

Peu de temps après un rapport d’enquête a démontré que ces allégations étaient totalement fausses et peu représentatives de la réalité.

 

Nous entendrons parler de victoires occasionnelles sur ISIS… 

 

En Avril, le Pentagone a annoncé que, grâce à des frappes aériennes américaines et à l’armée irakienne, « ISIL [variante d’ISIS pour État islamique] n’est plus la force dominante dans environ 25 à 30% des zones peuplées du territoire irakien où il avait à un moment une totale liberté de mouvement. » Le Pentagone a même publié une carte montrant quels territoires de l’État islamique étaient perdus.

 

Très vite, cependant, il est devenu évident que les annonces et la carte du Pentagone étaient trompeuses et incomplètes [misleading and incomplete].  Entre autres irrégularités, la carte, tout en montrant les territoires détenus un temps par ISIS et perdus depuis, omettait d’indiquer les nouveaux territoires acquis par l’Etat Islamique  depuis le début de l’effort de la coalition – rendant complètement trompeuses les affirmations des 25% -30%.

 

On entendra parler … que tel ou tel dirigeant a été tué ou capturé …

 

L’administration Obama en faisait assez peu pour l’élimination des personnages «clés» d’ISIS. Très récemment, le 16 mai, les forces spéciales américaines ont réussi à tuer Abu Sayyaf. Bien qu’il fût seulement un leader de moyenne importance, le secrétaire à la Défense Ashton Carter a déclaré que son élimination « représente un autre coup dur pour Isis. » (Lire ici – Read here  – le nombre de fois où les responsables américains ont parlé de « coup dur » à chaque élimination d’un quelconque djihadiste et qu’ensuite le jihad s’est répandu de plus bel, gagnant  davantage de territoires.)

 

Même le New York Times a observé que « Abu Sayyaf est un leader de niveau intermédiaire dans l’organisation – un analyste du terrorisme l’a comparé au comptable d’Al Capone – probablement remplaçable à court terme. »

 

Puis, tout aussi « soudainement » qu’ils sont apparus en Irak, nous allons « soudainement » à nouveau entendre, probablement d’abord de l’Etat islamique lui-même, qu’ISIS a fait des reprises majeures, remportant de nouveaux pans de territoires, tandis que le califat continue de croître et de se renforcer.

 

Enfin, après que l’administration Obama eût affirmé que la moitié de la direction de l’Etat Islamique avait été tuée, que l’Etat Islamique avait été repoussé hors de 25% -30% des territoires précédemment occupés, que l’assassinat par les américains d’un dirigeant d’ISIS de moyen importance était un « coup dur » – juste après – l’État islamique annonçait la prise de Ramadi, la capitale de la province d’Anbar, l’une des provinces les plus stratégiques d’Irak. Selon un rapport de Reuters le 17 mai:

 

Les militants de l’État islamique ont déclaré qu’ils avaient pris à l’ouest, le contrôle total de la ville irakienne de Ramadi ce dimanche, infligeant la pire des défaites au gouvernement de Bagdad depuis l’été dernier.

 

[…]

 

Ce fut la plus grande victoire de l’Etat islamique en Irak depuis que les forces de sécurité et les groupes paramilitaires chiites ont commencé à repousser les militants l’année dernière, aidés par les frappes aériennes de la coalition menée par les USA.

 

Le Département de la Défense des États-Unis, ne confirmant pas la chute de Ramadi, a tenté de minimiser l’impact d’une prise de la ville par l’État islamique sur l’ensemble de la campagne militaire en Irak.

 

Pour apprécier pleinement l’importance de cette dernière conquête par l’État Islamique, il faut se reporter aux paroles du gouverneur d’Anbar, Ahmed al-Dulaimi prononcées en Novembre 2014: « Si nous perdons Anbar, cela signifie que nous allons perdre l’Irak. »

 

Bien sûr, aucun de ces développements n’est surprenant pour ceux qui sont en mesure de prendre du recul, de transcender le bruit distrayant et l’absurdité quotidienne moulinés par les grands médias et de regarder la réalité en face.

 

Pour ceux qui savent lire ce qui est écrit en grand sur le mur, la fin de partie entre Obama et l’Etat Islamique a toujours été facile à discerner.

 

Source : Frontpage Mag – 22 mai 2015- Par Raymond Ibrahim – Raymond Ibrahim est historien et journaliste au David Horowitz Freedom Center.

 

Traduction Europe Israël
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