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Kerry force une décision capitale d’Israël

Par Caroline B. GLICK

Jerusalem Post 16/12/2013

  

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Our-World-Kerry-forces-Israels-moment-of-decision-335208

Adaptation française de Sentinelle 5774 Ó

 

Confronté à la défiance permanente des Palestiniens sur la notion même de coexistence pacifique avec Israël, Kerry prévoit de présenter son propre accord de paix le mois prochain et de tenter de forcer Israël à l’accepter.

Kerry et Netanyahu à Jerusalem, Le 13 décembre 2013

Il y a eu une précession insidieuse et macabre à la visite du secrétaire d’Etat des USA John en Israël la semaine dernière. Nous étions ici, assaillis par la plus grande tempête d’hiver en un siècle. Toutes les routes de Jerusalem étaient bloquées. Des dizaines de milliers de Hyiérosolomitains et de résidents des quartiers environnants étaient enfermés dans leurs maisons, sans électricité, ni chauffage, ni téléphone ni eau.

Tout à-coup, venant de nulle part, Kerry apparut. Alors que les Gazaouites sous la coupe du Hamas suppliaient Tsahal, soi-disant haï, de venir et des les sauver des inondations, et alors qu’Israël entreprenait des opérations de sauvetage pour des Palestiniens bloqués vivant sous la férule de la kleptocratie de l’OLP en Judée et Samarie, voilà Kerry qui arrivait pour nous dire que nous ferions mieux d’accepter l’accord qu’il prévoit de nous présenter dans un mois, ou d’être confrontés à la colère des USA et de l’Europe, et d’endurer une nouvelle guerre terroriste palestinienne.

Qu’est qui arrive ? Pourquoi Kerry ne peut-il pas laisser le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le reste du pays tranquille pendant une semaine, au milieu d’un blizzard de proportions bibliques ?

Selon des fuites des négociations durant maintenant depuis cinq mois, après 20 tentatives de pourparlers, les Palestiniens n’ont toujours pas changé les positions qu’ils ont depuis 50 ans. Ils n’acceptent pas le droit d’Israël à l’existence. Ils ne reconnaissent pas l’existence du Peuple juif. Ils ne croient pas au droit des Juifs à la liberté et à l’auto détermination. Ils insistent pour prendre le contrôle de notre capitale vieille de 3.000 ans. Ils exigent encore que nous cédions notre capacité à nous défendre nous-mêmes contre une agression extérieure et contre les attaques et infiltrations palestiniennes de l’Est.

Il n’y a rien là de nouveau, bien sûr. C’était la même chose il y a 13 ans au sommet de Camp David. C’était le cas pendant le sommet d’Annapolis en 2007 et en 2008.

C’était le cas quand le chef de l’OLP Mahmoud Abbas a rejeté l’offre de paix du Premier ministre Ehud Olmert en 2008.

Confronté à la défiance permanente des Palestiniens sur la notion même de coexistence pacifique avec Israël, Kerry prévoit de présenter son propre accord de paix le mois prochain et de tenter de forcer Israël à l’accepter. Bien que le texte de l’accord de Kerry n’ait pas encore été révélé, nous savons exactement ce qu’il impliquera en écoutant seulement ce qu’il nous a déjà dit.
Dans son discours au Forum Saban le 07 décembre, Kerry déclara : « Depuis de nombreuses années, les contours au sens large d’une solution finale ont été absolument clairs et se sont cristallisés pour le monde en décembre 2000 quand le président Clinton posa les paramètres d’un statut d’accord final. Ils furent réaffirmés par le processus d’Annapolis pendant l’administration Bush ».

Les paramètres Clinton impliquaient une adhésion presque totale aux exigences maximalistes de l’OLP. Les recommandations d’Annapolis allaient même plus loin en direction de l’OLP.

Et maintenant, Kerry a l’intention d’ajouter ses propres paramètres qui seront encore mieux disposés pour l’OLP que les gouvernements Clinton et Bush ne l’étaient.

Comme les plans Clinton et Bush, les paramètres Kerry impliqueront la cession de Jerusalem et du Mont du Temple à l’OLP, qui rejette le fait historique que deux Temples juifs ont été bâtis sur le site et que c’était le berceau de la civilisation et de l’histoire juive et le site le plus sacré du judaïsme.

Ils impliqueront l’expulsion de masse de centaines de milliers de Juifs de leurs foyers à Jerusalem, en Judée et en Samarie pour laisser la place à un Etat antisémite et ‘judenrein’ qui maintiendra sa dévotion à la destruction d’un Etat juif croupion.

Le cadre de l’accord Kerry impliquera l’immigration de masse de centaines de milliers d’Arabes nés à l’étranger, ayant vécu dans des “camps de réfugiés” de l’ONU dirigés par al Qaïda, le Hamas et l’OLP, au cours des quatre générations passées.

Le plan Kerry nécessitera que la société israélienne détruise sa cohésion par le démembrement et la destruction de centaines de communautés juives. Comme cela est arrivé avant le retrait de Gaza, cela nécessitera que le gouvernement surveille la diabolisation et la criminalisation de bien plus de trois millions de citoyens israéliens patriotes, obéissant aux lois, qui s’opposent aux expulsions de masse.

Les paramètres Kerry exigeront qu’Israël cède sa capacité à se défendre lui-même contre l’agression extérieure et des attaques palestiniennes. De même, pour les Palestiniens, l’exécution des paramètres Kerry garantira que tous les éléments modérés dans leur société, y compris parmi eux les Arabes israéliens, seront débordés et détruits.

L’Etat OLP en Judée, Samarie et à Jerusalem, comme l’Etat Hamas à Gaza, constituera la base d’incubation de jihadistes mondiaux. Ils inciteront activement à la haine, organiseront et superviseront une insurrection armée des Arabes de Galilée et du Negev, appliquant des punitions à tous les contestataires.

De même que les forces américaines que Kerry propose de déployer dans l’Etat OLP judenrein seront la cible des Palestiniens, de même que les Palestiniens et les Syriens ont attaqué des Marines US à Beyrouth il y a 30 ans, ils se retireront dans l’humiliation et la défaite, mais la leçon – que les Arabes perçoivent les Américains et les Juifs comme des ennemis de même poids – ne sera pas apprise.

En tout cas, incapable de se défendre lui-même après un accord selon les paramètres Kerry, Israël cessera d’être un allié stratégique et se transformera en une case stratégique vide. Sa destruction intéressera Kerry et ses partisans exactement comme celle du Sud Vietnam les intéressa en 1975.

En plus d’être une version plus anti-israélienne des paramètres Clinton et du cadre de Bush, les paramètres Kerry et l’accord cadre ont un autre aspect unique et particulièrement dangereux. Jusqu’à présent, les plans de paix américains suivaient le dicton de l’ancien Premier ministre Ehud Barak selon lequel : « Rien n’est agréé tant que l’on n’est pas d’accord sur tout ».

C’est à dire qu’aucune concession hypothétique sur Jerusalem par exemple, ne sera contraignante avant la conclusion d’un accord final.

Kerry a indiqué au Forum Saban que son objectif est d’obliger Israël à faire des concessions irrévocables avant que les Palestiniens ne donnent leur accord à une coexistence pacifique.

Comme il le formula : « Une cadre fondamental devra traiter de toutes les questions centrales – frontières, sécurité, réfugiés, Jerusalem, et la fin de toutes les revendications. Et il devra établir des recommandations agrées pour des négociations ultérieures qui rempliront les détails dans un traité de paix complet ».

Au cours des cinq années et demi écoulées, la stratégie de Netanyahou pour traiter avec le président des USA Barack Obama a été de lui survivre. Il a résisté à l’exigence constante de suicide national israélien pour la “paix” en offrant le strict minimum possible de concessions révocables pour garder Obama à l’écart.

Mais avec Kerry enclin à pousser ses paramètres létaux dans notre gorge, des paramètres qui vont exiger d’Israël à accepter irrévocablement des termes de paix qui détruiront le pays, il est évident qu Netanyahou doit adopter une stratégie de plus long terme. Notre objectif ne peut pas être d’attendre la sortie d’Obama. Il doit être d’extraire Israël du piège ’deux Etats’.

Oui, Israël paiera un prix immense en sautant dans le bateau. Depuis 20 ans, les dirigeants israéliens non gauchistes ont essayé d’avancer avec la Gauche, avec les Américains et leurs exigences sans cesse croissantes. Mais le rabâchage obsessionnel de Kerry, et son insistance à pousser vers son cadre désastreux nous forcent la main.

Soit nous payons un prix immense maintenant, soit nous acceptons notre destruction d’ici cinq à quinze ans.

caroline@carolineglick.com