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1/ Au commencement était 

La première des lois naturelles, la mère de toutes les lois : « la préservation de l’espèce »

Elle gère, la vie et son  environnement tapie dans les gênes de tous les organismes vivants,

Elle a été la source de l’organisation de nos sociétés -les faibles au centre, entourés par les plus forts pour les protéger – embryon des armées-

Aujourd’hui encore, elle est à l’origine de nos réactions profondes, instinctives  (horreur quand des civils sont pris pour cible et normalité lorsqu’il s’agit de militaires),

 

2/ LES SOCIÉTÉS ANTIQUES

Survolons le temps.

Le temps des sociétés antiques, sociétés assises sur un territoire, où les hommes sont soumis à des rapports de puissance,  pas à des rapports au droit, où la souveraineté est un privilège conféré par la naissance, l’habileté ou la fortune, où quand on perd son territoire, on perd son identité civile

Même les sociétés antiques qui nous paraissent les plus proches temporellement  -Rome et Athènes-  ne présentent pas les caractéristiques des deux éléments fondateurs de nos états modernes  «États de droit et droits de l’homme» ce sont des peuples de «citoyens» l’esclavage étant réservé aux étrangers

Une société qui ne reconnait aucune égalité entre les citoyens est une société de guerre qui reconnait qui sera le maitre et qui sera asservi, d’où une impossibilité  d’y penser les droits de l’homme

3/ LA PREMIÈRE CONSTITUTION LIBÉRALE

Très tôt, il y a plus de 3.000ans, au milieu de ce monde antique, un peuple craignant pour sa vie, s’enfuyait  vers le désert , apeuré d’abord, puis, de très mauvaise humeur, abandonnant dans l’urgence ses masures et le minimum vital qu’il recevait pour survivre ,  abandonnant, pour tout dire… la servitude

Le chef charismatique, éclairé  (et excédé) qui les guidait, se retira seul sur une montagne et en redescendit avec un texte écrit «dans le marbre» :10 simples lignes, dont 5 sont les fondements  des rapports entre les hommes, pour préserver l’espèce et son environnement, principes généraux dont découlent tous les autres préceptes

Des interdictions qui ne sont assorties d’aucune sanction :

C’est l’homme, seul avec sa spiritualité, face à LA LOI !

Et seul il doit trouver la réponse à ses questions, pour cela exercer pleinement ce qu’il a de plus précieux, qui  différencie l’homme d’un steak sur pattes « son libre arbitre »

Et la seule question « Pourquoi ? » à laquelle il sera répondue sera : parce que … »NOUS SOMMES »!!

Nous sommes l’HUMANITE ! …proclamant l’unité d’origine et l’unité de destin

C’est la première des constitutions libérales, la plus géniale, celle qui fait confiance à l’homme pour exercer son jugement, son génie. Son « libre arbitre »

Ce qu’il va faire,  jusqu’à construire des fusées pour s’élever vers les étoiles !

 

Et, à partir des « écritures », ils construisent un modèle politique qui passe par une redéfinition du lien politique qui ne s’exerce plus sur un territoire, sur une puissance, mais sur LA LOI

Un lien civil qui résiste à la perte du territoire et à l’esclavage  et une nouvelle idée : les hommes peuvent être esclaves, soumis à la conquête, sans perdre leur lien civil

Et afin de pouvoir exercer pleinement l’instinct moral inhérent à toute créature raisonnable, indépendant  car non esclave de la politique et de l’Etat, il faut bien alors  distinguer  la morale de la politique, le code de la religion, le citoyen du croyant,

Ce qui établira les trois piliers sur lesquels repose le judaïsme : LA LOI, LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ

Et il faudra attendre encore 3.000ans pour qu’apparaisse la deuxième constitution libérale, celle des Etats Unis d’Amérique « WE THE PEOPLE », directement issue de la première, du Décalogue.

 

4/  MORALE CHRÉTIENNE  ,

Quels que soient les fondements de la morale chrétienne, quelque jugement qu’on porte sur leur solidité, toujours est-il qu’un grand, qu’un magnifique édifice a été élevé sur ces bases.

Mille générations se sont abritées sous son toit hospitalier, mille souffrances, mille douleurs y ont trouvé un soulagement presque divin, mille vertus s’en sont répandues dans le monde, communiquant partout le courage du bien et la terreur du mal, mille génies ont courbé leur front à sa vue

Et elle a proclamé cette grande et féconde idée, que l’autorité souveraine n’est qu’une charge, qu’un ministère, qu’une servitude

L’abolition de LA LOI en fit une « morale sentimentale »

L’abolition de la LOI  a été proclamée dès l’origine du christianisme

C’est la loi qui crée à son gré le bien on le mal, et il n’y a qu’à changer, qu’à abolir la loi pour que tout péché disparaisse avec elle.

Principe qui mène  directement à la subversion des plus simples notions de bien et de mal  et rendit la morale chrétienne flottante au gré des opinions

Cette prédominance du sentiment dans la morale du christianisme , cet appel incessant au sentiment, non à la raison ont généré  l’horreur des disputes et des controverses, ce fut la FOI mise à la place du raisonnement et de la science.

 

Le grand  principe de  la fraternité universelle abolit et effaça les nations au sein de l’humanité,

Impossible dès lors, de voir dans l’ennemi politique autre chose qu’un frère ;  impossible que le cœur ne tremble, que le bras ne chancelle toutes les fois que l’homme va blesser l’homme, le frère frapper le frère, et que tous les hommes ne soient pas égaux

Dans cette morale il n’y a pas de place pour les patries, les nationalités, ces individualités de la grande famille humaine.

Et à la place de la liberté politique elle propose à ses adhérents la liberté spirituelle.

la Loi fut identifiée au péché, le monde va être identifié au mal

le mot monde, qui dans le langage d’Israël était synonyme d’éternité (olam), est devenu en style d’Évangile le symbole et la qualification du mal, l’antithèse de tout bien, de toute vertu, de toute sainteté ;

la vie présente, les riches, les richesses, la science

Nous ne ferons que signaler ce qui rend le christianisme incapable de régir la vie présente, par la condamnation, le dédain, l’avilissement dont il enveloppe tout ce qui en constitue les dons les plus précieux.

Les riches et les richesses, les grands et toutes les grandeurs humaines, la science, la joie, n’obtiennent pas un mot qui reconnaisse le bon usage que l’homme peut en faire ici-bas.

Quant au travail, c’est l’éternité, son immobilité, son repos, son sabbat perpétuel.  c’est la religion remplaçant tout, la Foi mise à la place de toute chose, le but confondu avec le moyen, le travail devancé par le repos.

 

Pour conclure, très tôt, les piliers du judaïsme : LA LOI, LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ

furent remplacés par les trois vertus du christianisme : LA FOI, ESPÉRANCE ET LA CHARITÉ .

5/ LES PROTESTANTS – LA BIBLE DES HÉBREUX

Nous arrivons dans l’Europe du nord des 15 et 16eme siècles, refuge des protestants qui outre leurs différents désaccords avec les catholiques, croient que la Bible est l’unique source de la révélation spéciale de Dieu à l’Humanité et la considèrent comme la norme par laquelle tout comportement chrétien doit être mesuré.

Or, il s’agit pour eux de la bible des hébreux, et non de celle qui a été traduite en latin, pour l’Eglise d’occident

A cette époque, toutes ces lettrés protestants qui parlaient hébreux pour la plupart,  furent  bientôt rejoints par rejoints par les Marranes (ces juifs convertis de force en Espagne)  et une forte communauté juive expulsée principalement d’Espagne.

Ce fut un creuset intellectuel avec des figures majeures  (dont une grande quantité de Marranes)  , comme Baudin, Hobbs, Spinoza, , Milton, Locke, Grotius, Languet, et une foule d’autres qui ont puisé dans la bible des Hébreux, dont le décalogue, les fondements des Etats  modernes, pour la  construction de l’Etat républicain moderne et en ont déduit les droits de l’Homme.

Là fut établi le rôle fondamental  joué par le judaïsme  dans la philosophie politique moderne  et le développement des idées libérales directement issues des écritures, qu’ils diffusèrent partout dans le monde, principalement anglo-saxon, l’Amérique et partout où se diffusa le protestantisme qui continue aujourd’hui à garder la Bible des Hébreux sur ses tables de chevet

Et c’est en suivant leurs pas que vous trouverez  toujours les idées libérales qui apportèrent partout la liberté et le développement

 

6/ LA FRANCE  FILLE AINÉE DE L’EGLISE     

Et pendant ce temps, la France, fille ainée de l’Eglise, sure de sa supériorité morale, hostile et choquée par cette évolution, restait bloquée dans la morale chrétienne qui, nous l’avons vu portait en germe sa propre destruction

Et c’est ce qui se passa lorsqu’une idéologie prédatrice qui couvait sous le scintillant voile des « lumières », s’empara de cette morale, s’en habilla, se débarrassant de ses propriétaires réels en les étouffant physiquement ou en les recouvrant du lourd manteau de la laïcité – n’oubliant jamais  au passage de les débarrasser de leurs biens terrestres à son profit-

Cette « idéologie caméléon » que l’on voit à l‘œuvre aujourd’hui encore sous des appellations  de circonstances, actuellement  « socialisme » ou ses satellites notamment « écologie » s’est si bien emparée de cette morale chrétienne qu’elle en a même absorbé les failles.  Ce que nous avons sous les yeux ce sont  ces mêmes failles qui béantes qui  participent à son effondrement.

Ainsi s’explique la résistance exceptionnelle de ce pays  à la pénétration des idées libérales, son aversion profonde et ses réactions hystériques en face d’elles et des pays qui les pratiquent

CONCLUSION

Il est évident, dans ces conditions que la diffusion des idées libérales ne peut se faire de la même manière qu’autres idées. La stratégie doit être différente

Il semble qu’elle passe, en premier lieu par  « apprendre à nous connaitre, reconnaitre nos origines et l’assumer », ensuite  diffuser cette vérité  et la vérité de cette usurpation, démasquer l’intrus, ouvrir les yeux des gens !

Et internet est un outil magique de diffusion, notamment les réseaux sociaux qui sont les plus fabuleux outils de diffusion  jamais inventés

Ensuite bien comprendre qu’à partir de ce type d’idéologie en place, le problème est si grave et si profond qu’il ne peut être réglé avec des mesures anecdotiques du genre « devenir entrepreneur » ou « faites votre retraite » « apprendre à aimer les riches » qui ne seront que les conséquences naturelles d’un changement profond de régime –

Il n’y a aucune place pour aucune réforme,  c’est d’une révolution dont nous parlons !

Cora de Paillette