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DE LA GUERRE, DE LA PAIX, DU TERRORISME ET DU FANATISME

27 mars 2003

Extraits du livre de Frédérique Lebelley Sur fond de guerre avec l’Irak, les réflexions du maître indien Sri Sri Ravi Shankar, médiateur dans les conflits avec les musulmans, et le récit de la métamorphose d’un homme d’Al Qaïda

 

Par Sri Sri Ravi Shankar et  Frédérique Lebelley  sur proche-orient.info
« Célébrer la vie ou Les leçons de sagesse de Sri Sri Ravi Shankar », qui sort en France aux éditions du Châtelet, est à plus d’un titre passionnant. Nous en avons retenu quelques pages qui, au moment ou la guerre et la paix sont au cœur de nos préoccupations, donnent à réfléchir d’une autre façon sur ces notions que nous considérons sans doute de façon trop manichéenne. Le maître indien Ravi Shankar, en effet, dispense son enseignement partout dans le monde dans un esprit d’ouverture à toutes les religions, ses techniques sont utilisées dans les prisons aux Etats-Unis et en Inde, et il est le médiateur choisi par le gouvernement indien dans les affrontements très graves avec les musulmans. Un lieutenant de Ben Laden est même tombé dans ses filets. La guerre, la paix, le terrorisme, le fanatisme.

 

I- LA GUERRE ET LA PAIX

Frédérique Lebelley    Peut-on avoir raison de faire la guerre ?

Sri Sri Ravi Shankar    Le pire acte de la raison est la guerre. Toute guerre a une raison et la raison justifie la guerre. C’est ainsi que raisonnent ceux qui s’engagent dans une guerre. Mais la raison a ses limites, et lorsque la raison change, la justification s’effondre. Toutes les raisons invoquées pour toutes les guerres apparaissent légitimes à certains esprits étroits et pour un temps limité. Partant de là, la guerre devient inévitable sur la planète.

Les êtres humains sont les seuls à faire la guerre. Aucune autre espèce dans la création ne s’engage dans la guerre ou la destruction de masse, puisqu’ils n’en ont aucune raison -les animaux ont leur proie et laissent les choses être. Mais le genre humain, depuis des temps immémoriaux, est engagé dans des guerres parce que l’homme vit de la raison. L’homme donne une raison à chacun de ses actes et le justifie, et comme les raisons changent, ses justifications s’écroulent. L’homme doit transcender la raison, alors seulement pourra-t-il réaliser la Divinité. Il ne s’engagera plus dès lors dans les guerres. Ce n’est que lorsque les gens deviendront raisonnables, s’élèveront au-dessus de la haine et accèderont à une conscience plus élevée que la guerre pourra être arrêtée. »

F.Lebelley    Pourquoi y a-t-il des guerres ?

S.S Ravi Shankar    Des guerres ont toujours sévi à un endroit ou à un autre de la planète, dans toute l’histoire de l’humanité, n’est-ce pas ? Comme le courant alternatif, la guerre et la paix alternent dans le monde.
Il est surprenant de voir comment des pays totalement dévastés au cours de la deuxième guerre mondiale se sont développés jusqu’à devenir des géants économiques, et cela très rapidement. Aujourd’hui, l’Allemagne qui a été battue, fournit une aide alimentaire et des secours à la Russie qui, elle, s’est retrouvée totalement anéantie. La même chose s’est produite pour le Japon qui a fait un formidable bond en avant.

Nous croyons que seule la paix peut être profitable à l’homme, mais ce n’est pas vrai. La guerre aussi a son utilité ! La guerre est utile ! Elle n’est pas souhaitable mais elle ne va pas à l’encontre des lois de la nature.

Tant que chaque être humain n’aura pas accédé à un niveau supérieur de conscience (le changement s’opérera à cette seule condition), il y aura toujours des guerres sur cette planète, il ne peut en être autrement. La guerre n’est qu’une tendance de l’humain portée à son paroxysme. Observez-vous : les gens autour de vous vous agacent constamment, ou bien vous ne vous supportez plus vous-même. Vrai ? En vous aussi la guerre fait rage. (…)

Tant que la violence ne sera pas extirpée de l’esprit des gens, la guerre sera inévitable. Mais lorsque la guerre est devenue inévitable, il ne sert à rien de dire : « Non, je suis pour la paix, je reste tranquille. » Il faut s’y engager totalement, en gardant à l’esprit que ce sont les deux facettes de l’existence. Lorsqu’une pression extérieure se fait sentir, vous vous rassemblez. Supposons que vous soyez en train de vous disputer. Il est très facile de vous réconcilier en provoquant une contrainte extérieure, un danger ou une menace venant de tiers. Vous allez vous réconcilier à coup sûr ! C’est tout à fait manifeste dans l’Histoire. Le Christianisme à ses débuts s’est développé en réaction à une menace extérieure. Face au danger et à la pression, une poignée de gens se sont unis, consacrés et renforcés dans l’intensité de leur ferveur.

Qu’il s’agisse de n’importe quel pays, de n’importe quelle communauté, même la plus petite, la plus disparate, dès lors que se précise une menace extérieure commune, tout le monde s’unit.

Il en va de même dans un contexte de guerre ; là aussi la coopération et l’harmonie sont présentes. Comme dans la paix.

Une chose peut sembler mirifique en apparence mais en grattant un peu, on y découvre une faille, un germe beaucoup moins agréable. En revanche, quelque chose de très déplaisant en surface peut se révéler très beau en profondeur.

Après Bouddha, l’Inde avait perdu le courage de se battre. Après la guerre du Mahabarata, une gigantesque guerre mondiale eut lieu. Les gens en avaient tellement assez qu’ils ne voulaient plus entendre parler de guerres. Bouddha est arrivé et la paix s’est installée. Ils ont complètement abandonné l’armée et toute idée de protection du pays. Bouddha était un roi, un empereur et il était devenu un « renonçant », il avait renoncé à tout. L’état d’esprit de paix et de renonciation dont Bouddha donnait l’exemple prédominait dans le pays. Il fut donc très facile à un petit groupe d’envahisseurs arabes de conquérir cet immense territoire de sept ou huit millions d’âmes. Et ils l’ont dominé pendant très longtemps, pas seulement un an ou deux ! Parce que tout le monde était pacifique, en paix ! « Bon, qu’est-ce que vous voulez ? Allez-y ! Vous voulez prendre les richesses ? D’accord, allez-y ! Vous voulez régner ? Pas de problème, asseyez-vous là ! Voilà le trône… Vous pouvez faire tout ce que vous voulez !  »

Ils ont baissé les bras, ils n’avaient plus de colonne vertébrale ! Le pays a perdu toutes ses forces, tout son pouvoir, toute sa beauté, tout ! Et il s’est enfoncé de plus en plus dans la pauvreté !

Il n’y a aucune comparaison entre la description de l’Inde d’autrefois et ce qu’il en est resté. Au nom de la paix, au nom de l’amabilité, au nom des valeurs, tout s’est détérioré. Vous voyez ? Il est clair que le discernement et la sagesse sont tout à fait essentiels. La sagesse consiste à comprendre que ce qui est inévitable maintenant relève de la loi, de la Loi Divine. Gardez votre esprit vraiment creux et vide.

Jésus lui aussi avait dit : « Je suis venu apporter le feu. Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive ». Lorsque le glaive s’impose, la paix est essentielle. Lorsque la paix est là, la guerre est toujours essentielle.

Certains d’entre vous vont se dire : « Quoi ! Guruji se fait l’avocat de la guerre ! » Non, non ! Essayez de comprendre ce que je dis. Ne vous raidissez pas contre ce qui arrive. L’Etre Infini est Amour Infini et s’Il permet à certaines choses d’arriver, c’est qu’elles ont leur raison d’être.

Vous aussi, vous agissez selon votre nature ! Mais je ne suis certes pas partisan de la guerre ! »

Aujourd’hui en Inde, le conflit avec le Pakistan hante les esprits. Et les problèmes généralement posés par l’islamisme. Face à l’obscurantisme d’une idéologie pousse-au-crime, Sri Sri Ravi Shankar se contente le plus souvent, en public, de simplement reprendre les propos des fanatiques, mot pour mot. Il dit par exemple : « Ils pensent que si on tue un juif, on va au paradis… » Et il éclate de rire…
« Les juifs ont des problèmes avec les Arabes… Les chrétiens ont des problèmes avec les Arabes… Les bouddhistes ont des problèmes avec les Arabes… Il doit bien y avoir un problème quelque part… De la même façon qu’un individu peut être bloqué, une nation peut aussi être bloquée…

– QU’EST-CE QUE LE TERRORISME ?

F.Lebelley    Comment définissez-vous le fanatisme religieux ?

S.S Ravi Shankar    Le fondamentalisme, c’est ce qui n’englobe pas tout, qui sépare, qui divise, qui juge. C’est à la base une ignorance. Dans chaque religion, il y a de la place pour le progrès, pour s’adapter aux temps qui changent. Les religions qui ne le font pas stagnent ou régressent. C’est ce refus d’adaptation aux temps modernes, dans l’islam par exemple, qui a déclenché récemment des événements tragiques. Si chaque religion se sent supérieure aux autres et se montre prête à employer la force, qu’elle soit psychologique ou physique, pour convertir les « païens », de tels événements vont certainement se reproduire. Mais tout cela ne doit pas nous empêcher de voir le meilleur de chaque religion -que ce soit l’islam, le bouddhisme, l’hindouisme, la chrétienté ou le jaïnisme… La structure même de la philosophie indienne est telle que vous ne pouvez jamais être un fanatique.

F.Lebelley    Quels sont les facteurs qui mènent au terrorisme ? Quelle en est la cause ?

S.S Ravi Shankar    La frustration et la rage d’atteindre un but… Des émotions confuses… Le manque de perspicacité et une action impulsive… La croyance en un concept non-vérifiable du paradis et du mérite… Un concept infantile de Dieu qui favoriserait certains et serait fâché contre d’autres, concept qui sape à la base l’omniscience et l’omnipotence du Divin…
Le terrorisme est un acte purement destructeur, qui inflige de la souffrance aussi bien à soi-même qu’à autrui. En perpétrant un tel acte, le terroriste bafoue les valeurs humaines pour parvenir à ses fins.

Le terrorisme fait naître une psychose de peur dans le monde, amplifie la pauvreté, la souffrance, et entraîne des pertes de vies humaines sans aucun avantage apparent. Au lieu de proposer des solutions, le terroriste recherche la destruction comme réponse. Si vous ne faites que critiquer sans proposer de solutions, sachez que cette critique est issue de la même graine que le terrorisme.

F.Lebelley    Quelle est la différence entre le combat pour la liberté et le terrorisme ?

S.S Ravi Shankar    Si vous vivez sous un régime de liberté et que vous prônez la destruction, vous êtes un terroriste. Mais si vous cherchez à obtenir votre liberté, alors vous êtes un combattant de la liberté

F.Lebelley    Quel est le remède contre le terrorisme ?

S.S Ravi Shankar    Inculquer une vision de la vie plus large, placer la vie au-dessus des races, des religions et des nationalités… Enseigner aux gens les valeurs humaines : la gentillesse, la compassion, la coopération et l’élévation morale… Enseigner les méthodes pour évacuer le stress et la tension… Cultiver l’assurance que l’on peut atteindre des objectifs nobles grâce à des moyens pacifiques et non-violents… Susciter une élévation spirituelle qui puisse éradiquer les tendances destructrices… »

F.Lebelley    Comment surmonter les séquelles du terrorisme ?

S.S Ravi Shankar    Par la foi et la prière. Devant le désastre, la colère est inévitable. Pour s’assurer de ne pas réagir, il faut faire preuve de sagesse et non de laisser aller à des emportements émotionnels. Une erreur ne peut pas être corrigée par une autre erreur. Efforcez-vous de dispenser une éducation pluri-culturelle et pluri-religieuse, et que l’élévation spirituelle touche tous les coins du globe. Car le monde ne sera pas un endroit sûr tant que des poches d’ignorance -même minimes- subsisteront. »

3- LA BANDE ARMEE ET L’ART DE VIVRE
‘est sur ce terrain calamiteux, qui désoriente généralement les leaders chargés d’apporter des solutions, que Sri Sri Ravi Shankar exerce de la manière la plus probante tout son savoir-faire de Sage influent. C’est lui qui, par la négociation avec les autorités musulmanes, est parvenu à calmer les émeutes sanglantes qui ont secoué l’Inde au printemps dernier. On le prétend médiateur officiel du gouvernement -ce qui n’est évidemment pas le cas- mais il est effectivement souvent amené à pacifier les conflits…

Les musulmans dialoguent avec le Sage hindou dans le respect. Ils l’écoutent. Les négociateurs se savent en sécurité sur tous les plans avec lui. Il n’y a pas d’antagonisme, pas de rivalité, pas de prosélytisme, pas de condamnation possibles entre eux… Cet interlocuteur équitable possède de plus un talent éprouvé des plus rares : il réussit à faire des ennemis d’hier des amis de demain.

Parvenir à ce que ceux qui ne se ressemblent pas s’assemblent et ne s’en trouvent que mieux… -ce qu’il appelle « recréer l’harmonie dans la diversité »-, Sri Sri Ravi Shankar en fait la démonstration au Kosovo par exemple, en Afghanistan, au Cachemire en Afrique du Sud et ailleurs où la haine empoisonne des communautés. Et, depuis plus d’un an maintenant, il livre son arme anti-discriminations au Pakistan ! Preuve, si elle était nécessaire, qu’il n’y a pas de conditions rédhibitoires.

Sri Sri Ravi Shankar qui connaît tous les mécanismes de l’esprit et les rouages de la violence comme un musicien connaît ses notes se fait parfaitement entendre des bellicistes auxquels sa science démontre « froidement » qu’ils poursuivent des buts avec des moyens qui leur volent toute chance de victoire.

Un jour, une bande armée de trente-cinq hommes avait déboulé dans un ashram de Rishikesh où le Guru séjournait. Dans cette région, des bandes cherchent à prendre en otages des occidentaux, monnaie d’échange plus rentable que la population locale.

Le Maître leur avait parlé des qualités chez un terroriste : l’absence de peur, une forme de courage, le dévouement à une cause, l’enthousiasme, le zèle, le sens du sacrifice… « Il y a aussi de l’amour, même s’il n’aime que son idéal, il aime quelque chose. Personne ne donne sa vie pour les mathématiques ou la géographie »… Les qualités, somme toute, d’un officier militaire… Vertus malheureusement viciées « qui créent la haine, et la misère pour les autres. »

Sri Sri Ravi Shankar dit : « Il faudrait tirer la leçon des choses à ne jamais faire : placer les idées et les concepts au-dessus de la vie ; avoir une perspective étroite de la vie et ne pas honorer sa diversité… » Vingt-cinq d’entre eux dirent banco pour suivre dans la foulée un stage d’art de vivre ! C’est Hassan, l’un des professeurs musulmans qui le donna. Petit problème au départ : les combattants n’envisageaient pas de devoir quitter leurs armes. Hassan ne parla pas des armes, il leur dit simplement que les processus de yoga du souffle nécessitaient de ne pas porter de cuir sur soi parce que cela entravait la circulation de l’énergie… Alors tous débouclèrent leurs ceinturons et déposèrent l’ensemble de leur matériel dans un coin de la pièce.

Quand les « bandits » les reprirent quatre jours plus tard, ils n’étaient plus les mêmes. Une révolution qu’ils n’attendaient pas s’était produite en eux. Non par miracle mais simplement parce que l’enseignement de Sri Sri Ravi Shankar qui met en valeur la nature véritable des êtres, avait vingt-cinq fois de mieux confirmé sa justesse.

La télévision danoise qui avait déjà produit un film sur le « grand Sage de notre Temps », préparait une seconde émission sur lui, au moment où la bande armée-désarmée effectuait son stage de gens civilisés… La télévision, témoin de la transformation des hommes, les avait donc interviewés, sans mal tant ils avaient à dire… C’est tout juste si l’un d’eux n’engueulait pas le Maître de ne pas être intervenu plus tôt dans sa vie… Un autre disait : « Je réalise maintenant que nous étions des animaux… »

Ces événements ne sont plus du tout exceptionnels. Sri Sri Ravi Shankar est même parvenu à mettre en présence des groupes guerriers, ennemis jurés, impliqués dans les retentissants massacres de Bihar, autour du lieu de naissance de Une femme du groupe avait commis soixante meurtres et deux hommes plus de deux cent cinquante…

Le programme de pacification des conflits remporta rencontra le succès habituel. Suivi de conséquences inespérées : les combattants retournés dans leurs territoires envoyèrent des contingents de deux cents individus pour leur faire vivre, à leur tour, l’expérience qui les avaient si profondément influencés. On commença à envisager sérieusement de se mettre au travail dans les villages.

4- MOHHAMMED AFROZE DE AL QAÏDA
Depuis plus de dix ans maintenant, Sri Sri Ravi Shankar a mis au point un programme spécialement conçu pour les détenus. En leur apprenant à gérer leur stress et leurs pulsions, il prévient le crime, évite la récidive et favorise la réhabilitation sociale. L’absence complète de nouvelle infraction constatée auprès des prisonniers qui l’avaient suivi, a convaincu le gouvernement américain de subventionner le programme dans ses prisons. Des dizaines de milliers de délinquants en ont aujourd’hui bénéficié avec des résultats qui continuent d’amener chaque année les autorités américaines à renouveler le contrat. Dans les autres pays où le projet est mis en place, partout ses promesses sont tenues.

C’est ce même cours de base adapté aux criminels qu’a suivi en mars 2002 un certain Mohammed Afroze, proche d’Ossama Bin Laden, auteur d’un attentat très meurtrier à Londres et actuellement incarcéré à Bombay.

La suite ressemble à un conte à dormir debout : ce personnage-clé d’Al-Qaeda en a été si transformé qu’il veut maintenant devenir professeur de l’Art de Vivre auprès des criminels qui l’entourent en prison. Il dit qu’il a l’impression d’avoir vécu jusque là sans rien comprendre. Et fait le voeu de pouvoir un jour répandre la connaissance partout dans le monde.

En tous cas, aujourd’hui, sans abandonner son Coran ni ses prières rituelles, Mohammed Afroze se joint chaque matin à la session de yoga et de méditation avec la soixantaine de détenus qui poursuivent, comme lui, un enseignement plus approfondi en prison… Lever très tôt, bien avant les autres, pour tout concilier. Et reprise de la session de yoga dans la soirée.

Deux grands journaux indiens -le Times of India et le Times News Network- qui ont enquêté racontent l’histoire dans le détail, sous le titre : « L’Art de Vivre a assagi Afroze : en attendant la justice, il recherche la paix » et « Vraiment incroyable ! Un terroriste d’Al Qaeda refuse sa libération sous caution pour prendre un cours avancé de l’Art de Vivre en prison !  »

Le journaliste décrit l’atmosphère du cours de yoga derrière les barreaux, la stupéfaction du directeur de l’établissement qui n’en revient pas du changement de comportement de Mohammed Afroze et de la qualité des relations des détenus entre eux.

Le Times rapporte les déclarations du terroriste : « Le cours m’a apporté une immense paix. Je n’ai plus de colère, et je n’ai plus rien contre personne. Quand je sortirai de prison, je veux enseigner ce cours à ma famille et aux membres de ma communauté. »

Son enthousiasme ne va cependant pas jusqu’à espérer que ses « collègues de naguère » du groupe Al-Qaeda n’essaieront pas de contrarier ses plans. Et ne le croiront pas lobotomisé…

Mais qui sait de quel côté finira par pencher la balance ? Jusqu’où sera porté l’exemple de Mohammed Afroze à la prison de Byculla, Bombay, India ? … Ou celui de ce pakistanais de Karachi qui aurait volontiers applaudi à l’usage de la force atomique, il y a peu : « Respecté Guruji…, écrit-il, fasse que Dieu vous accorde un succès toujours croissant et que votre message se répande à chaque coin et recoin du monde malade. »

De la violence, on sait ce qu’il y a à attendre. Du scepticisme aussi : « Allez-vous coucher, l’oreiller sur la tête, il n’y a rien de mieux contre la confusion… » dit le Maître à l’instar d’un dicton chinois. L’inconnue est dans la mobilisation et le dynamisme du coeur : « Ceux qui souhaitent un monde en paix ne sont pas assez partisans de l’action »…, fait remarquer Sri Sri Ravi Shankar.