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Objet:  Les journalistes et Israël … Enquête dans les coulisses du conflit
Dans les coulisses de l’industrie du mensonge, Laly Derai

C’est l’histoire de trois journalistes : un Allemand, un Israélien et un Américain… Mais ce n’est pas une blague. Ces trois journalistes,Touvia Tenenbaum, Ben Dror Yémini et Matti Friedman, ont séparément levé le voile sur la réalité douloureuse que nous connaissons tous : celle de l’industrie du mensonge qui règne sur une bonne partie du conflit israélo-arabe.

L’opération « Bordure protectrice» est terminée, avec les résultats désastreux que l’on connaît sur le plan médiatique. Et alors qu’Israël panse ses plaies, trois journalistes ont publié, chacun de leur côté, des écrits faisant la lumière sur ce qui se cache derrière le narratif pro-palestinien adopté par la majeure partie de la scène internationale.

Ben Dror Yémini, qui a à son actif plusieurs décennies de journalisme d’investigation et d’opinion, vient de publier un livre, « l’Industrie du mensonge », dans lequel il prouve comment la gauche radicale israélienne, soutenue par l’Europe et des fonds américains et de l’UE, diabolise Israël, accusé de tous les maux sur terre.

Touvia Tenenbaum, quant à lui, a écrit un ouvrage, « Attrapez le Juif ! », qui a fait polémique en Israël : se faisant passer pour un journaliste allemand non-juif, Touvia a prétexté l’écriture d’un livre sur le conflit israélo-arabe pour s’infiltrer au sein d’ONG pro-palestiniennes et pour interroger des membres de l’Autorité palestinienne qui, mis en confiance, lui ont raconté, sans fards, ce qu’ils pensent réellement des Juifs et de l’État d’Israël.

Enfin, Matti Friedman, journaliste et rédacteur en chef au bureau de Jérusalem de la plus grande agence de presse au monde, l’Associated Press (A.P.), entre 2006 et 2011, a publié « Le guide d’un initié sur la plus importante histoire au monde », dans lequel il explique « pourquoi et comment les journalistes se trompent invariablement sur Israël, et pourquoi c’est une question importante ».

Fait du hasard ? Coïncidence heureuse ? Ces trois écrits, mis bout à bout, donnent une image troublante de ce qui se passe dans les coulisses du conflit. On sort de leur lecture la tête pleine de questionnements sur l’avenir, mais aussi pleine de colère.

40 journalistes contre 1

« Les médias commettent deux erreurs principales dans la couverture de l’actualité israélo-arabe, affirme ainsi Friedman. La première, celui de la disproportion : lorsque je travaillais à l’Associated Press, notre équipe, en Israël, était composée de 40 employés. Au même moment, en Syrie, un seul journaliste était en place. Il y avait significativement bien plus de reporters en Israël que l’A.P. n’en avait en Chine, en Russie ou en Inde, ou dans l’ensemble des 50 pays d’Afrique sub-saharienne », déclare Friedman. La seconde erreur, selon lui, consiste dans le choix des sujets traités. Ainsi, il a révélé au Makor Richon qu’il a été plusieurs fois témoin de la censure à la publication de photographies montrant des Palestiniens faisant le salut nazi. « Pour résumer, il est quasiment impossible de publier une information négative sur les Palestiniens. Quand une agence, qui fournit en photos des médias aux quatre coins du monde, choisit de censurer une image, cela a un impact énorme sur la couverture du conflit ».

Dans son article, Friedman fournit un autre exemple : « Les actions israéliennes sont analysées et critiquées, et chaque carence de la société israélienne est agressivement signalée. Sur une période de sept semaines, du 8 novembre au 16 décembre 2011, j’ai décidé de compter les articles publiés par notre bureau sur les différentes défaillances morales de la société israélienne – projet de loi pour supprimer les médias, les avant-postes non autorisés, etc. J’ai fait le décompte de 27 articles distincts, soit en moyenne un sujet tous les deux jours. 27 articles sur sept semaines soit plus que le nombre d’articles critiques publiés par notre bureau au cours des trois années précédentes sur le gouvernement palestinien, la société palestinienne et même les islamistes totalitaires du Hamas ».

Friedman a démissionné de l’Associated Press, refusant de continuer à travailler pour un média qui avait trahi sa vocation, même s’il affirme que l’A.P. n’est pas la seule à souffrir de ce qu’il appelle la « corruption » et qu’elle est représentative de ce qui se passe dans l’écrasante majorité des organes médiatiques internationaux. Pour lui, mettre à jour ce mensonge est essentiel, même s’il ne cache pas son pessimisme quant aux chances de changer quoi que ce soit au final. Car c’est par le biais des médias que le monde, et ses dirigeants comprennent le conflit. Or, « la plupart des gens qui décident de ce que vous allez lire et voir à ce propos ne voient pas leur rôle comme explicatif, mais comme politique. La couverture médiatique est une arme à mettre à disposition du camp qu’ils aiment. Ils feront tout pour préserver l’histoire qu’ils ont construite eux-mêmes ».

« Je crois malheureusement que les jeux sont faits et que nous n’avons pas grand-chose à faire à part être conscients des règles de ce jeu. La corruption idéologique existe au sein des agences de presse. Mais cette corruption n’est pas dénoncée pour la simple raison que ce sont les médias qui sont censés le faire. Et ils n’ont pas la moindre envie de procéder à leur propre introspection… » : un constat très pessimiste de Matti Friedman, tel qu’il l’a formulé à la télévision israélienne…

Mon ami, Djibril Radjoub

Touvia Tenenbaum, lui, est nettement plus jovial. Tout comme le livre qu’il a écrit et qui, s’il démontre lui aussi combien la haine du Juif anime le conflit israélo-arabe, reste écrit sur un ton très « léger » et plein d’humour.

Comme le récit qu’il fait de sa rencontre avec Djibril Radjoub, membre éminent du Fatah et ancien commandant des forces de prévention sécuritaires palestiniennes. Radjoub a accueilli le « journaliste allemand » avec tous les honneurs et, après quelques jours passés auprès de lui, « Toby » a réussi à mettre à l’aise son entourage : « A ce moment-là, Djibril Radjoub a une idée : « Ton nom, désormais, sera Abou Ali ». J’accepte ce nom avec entrain. Cela fait bien trop longtemps que je joue un personnage, et j’ai envie d’arrêter. Je veux être qui je suis, crier sur tous les toits ma véritable identité. Abou Ali. Cela me va. C’est le nom parfait pour moi. Plus besoin de changer de nom. Abou Ali… Et puis un homme assez âgé s’approche de moi. «Tu sais ce que signifie Abou Ali ?», me demande-t-il. Non, raconte-moi. « Cela signifie le courageux, le héros ». Encore mieux ! Mais ce que les amis de Djibril Radjoub ne m’ont pas raconté –
peut-être croient-ils que je le sais déjà – c’est qu’un autre homme blanc a déjà été honoré par le passé par ce nom : Adolf Hitler ».

Tenenbaum a passé sept mois à concocter son enquête. Faisant croire qu’il ne comprend ni l’hébreu, ni l’arabe alors qu’il les parle couramment, soulignant qu’il écrit pour le Die Zeit, le Times allemand, journal de l’élite de gauche, il a rencontré ministres palestiniens et députés israéliens, membres d’organisations de défense des droits de l’Homme, journalistes, Bédouins, mais aussi habitants de localités juives de Judée et de Samarie, rabbins, écrivains…

Le résultat : un acte d’accusation assez violent, où l’on apprend par exemple que des membres importants d’ONG comme Betsélem, considèrent que la Shoah est une invention. Où l’on constate la facilité avec laquelle les journalistes, touristes, visiteurs, sont manipulés. Où l’on apprend surtout l’ampleur inouïe du soutien financier européen à « la cause » palestinienne.  Tenenbaum nous raconte ainsi comment il a voyagé à Bethléem pour participer à un concours dédié aux droits de l’Homme et comment il s’est retrouvé seul dans la salle, seul à ne pas avoir compris que ce concours était une fiction destiné à recevoir un budget européen…

Il nous conte sa visite dans la nouvelle ville palestinienne de Rawabi, en pleine construction. Il nous parle de son plan d’urbanisation, et des questions indiscrètes qu’il a posées sur l’église dédiée aux Chrétiens de la future ville, dont les planificateurs parlent avec fierté, mais qui s’avère finalement avoir été remplacée par une mosquée.

Il raconte également les regrets de ses guides palestiniens qui ont déploré aux oreilles du « journaliste allemand » que Rommel n’ait pas réussi à conquérir la Palestine : « Nous aurions alors été débarrassés des Juifs », lui diront-ils.

Il nous parle de Guidéon Lévy, le journaliste d’extrême gauche, qui concède qu’Israël ressemble à l’Allemagne nazie des années 30 : « Mais pas plus que ça. Israël n’a pas l’intention de commettre une épuration ethnique. Je préfère la comparer à l’Afrique du Sud de l’Apartheid ».

Mais sa plus grande révélation concerne l’Europe et les Européens et l’antisémitisme qui y règne et qui conduit les chancelleries européennes à verser chaque année des centaines de millions d’euros pour diaboliser Israël aux yeux du monde : « Je croyais que le conflit concernait les Juifs face aux Arabes. Mais durant mon séjour, j’ai compris que les Européens faisaient partie intégrante du conflit et qu’ils l’encourageaient même. Les Arabes s’entretuent entre eux et ils veulent également nous tuer. Mais la haine, la véritable haine, elle, est européenne. ».

Gauche sioniste contre post-sionistes

Pas facile d’être un journaliste israélien de gauche spécialisé dans la lutte contre le post sionisme de gauche et la condamnation de ses méfaits. C’est pourtant cette voie qu’a choisie Ben Dror Yémini qui, depuis déjà plusieurs années, mène l’enquête sur les organisations d’extrême gauche et dénonce leurs activités visant à délégitimer l’existence de l’État d’Israël.

Dans son nouveau livre, l’Industrie du mensonge, il décortique le modus operandi de ces organisations, analyse la haine de soi qui les caractérise, démontre que leurs sources de financement étrangères sont le moyen choisi par l’Union européenne pour s’immiscer dans la politique israélienne.

Selon lui, « le conflit israélo-palestinien est au centre de l’une des plus grandes fraudes des dernières décennies ». « Lorsque la moitié des Européens pense que les Israéliens agissent contre les Palestiniens comme les nazis ont agi contre les Juifs ; lorsque des universitaires de renom prétendent qu’en 1948, Israël a commis l’un des plus grands crimes de l’Histoire moderne ; quand un homme de la stature de Bill Clinton affirme que le conflit israélo-arabe est la cause principale du terrorisme islamiste ; quand des intellectuels de premier plan pensent qu’Israël est un pays d’apartheid, la conclusion univoque est que le mensonge paie. L’industrie du mensonge est parvenue à dessiner Israël comme un monstre et certains le voient carrément comme Satan sur terre ».
Ce livre est un acte d’accusation, lui aussi, visant deux pôles principaux : les universitaires et les médias, accusés d’encourager ces mensonges et leur accorder toute légitimité.

Une lueur d’espoir

On risque facilement de tomber dans le désespoir à la lecture des livres et articles de Friedman, Tenenbaum et Yémini. Mais dans le même souffle, on peut se dire que face à un tel théâtre de l’absurde, face à un tel détournement de la réalité, face à l’hypocrisie et la haine déguisées en humanisme à la carte, Am Israël ne peut que comprendre que ce conflit dépasse toutes les considérations rationnelles et s’inscrit parfaitement dans son statut unique de peuple qui se tient « seul, face aux Nations ».
Source : http://www.hamodia.fr/index.php