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Une communauté de destin


Une communauté de destin

 La situation de notre pays est telle que tous les français -hormis ceux qui vivent de l’argent « public » et les groupes de « réflexion » qui conseillent avec tant d’efficacité le gouvernement socialiste en place – en ont analysé les causes et pour la plupart en connaissent les remèdes !

Beaucoup en ont tiré des conclusions qui ont déterminé leur engagement politique et ils vont voter (ou non) en conséquence, dont un certain nombre pour le FN – Chacun est libre de ses choix.
Ce n’est pas le mien mais je respecte celui des autres pour autant qu’ils ne me prennent pas pour cible, moi et les miens ou qu’ils ne viennent pas me seriner toutes les « valeurs communes » qu’il y a entre les catholiques et l’islam (je n’ai pas dit chrétien parce que je n’ai pas encore trouvé sur mon chemin un protestant qui vienne m’affirmer ça) !!

Quand ils viennent à la ligne suivante accuser les USA et les francs-maçons de tous les maux qui s’abattent sur le monde -et surtout la France- on est alors certains que la conclusion concernera immanquablement les juifs, baptisés sionistes ou non et qu’on y trouvera une larme (de crocodile) sur les centaines de morts de Gaza –tous enfants, bien entendu!
Quand certains -à l’instar des Soral et Dieudonné- viennent notamment affirmer cette communauté de valeurs (sans jamais les préciser) entre les catholiques et l’islam, ils ne peuvent que générer des doutes sur l’état de leur santé mentale ou sur la franchise de leurs intentions !

Mais cela ne concerne pas un grand nombre de mes amis pour lesquels j’ai des flots d’estime et qui ont fait ce choix politique du FN, qui n’est pas le mien, pour beaucoup d’autres raisons –

En 1960, sur les barricades des facultés d’Alger, avec tous mes amis d’adolescence -juifs ou pieds noirs- je lançais des pavés sur les CRS en hurlant « Algérie française » et mon cœur, comme celui de nous tous battait pour les parachutistes, les généraux que de gaulle appelait « félons » et pour l’OAS – tout en ayant parfaitement conscience que notre avenir, celui de cette jeunesse toute entière tournée l’occident ne pouvait pas se trouver dans ce pays, en aucun cas !

Il existait pourtant un monde d’éducation et d’histoire qui aurait pu nous séparer, moi la jeune fille juive dont les ancêtres nomadisaient avec les tribus berbères dans le Maghreb, des siècles avant que les arabes n’y arrivent et eux les enfants de pieds-noirs nouveaux venus –un siècle à peine- qui ne possédaient rien de la connaissance que nous avions de la culture, des mœurs et de l’histoire des musulmans, arabes, kabyles, mozabites et descendants de turcs avec qui nous avions vécu pendant si longtemps .

Ce qui portait toute cette jeunesse en révolte au-delà de nos religions, cultures et opinions politiques c’était un même amour de cette France idéalisée, de son histoire « nos ancêtres les gaulois » de sa culture rayonnante, de ses paysages et de tout son art de vivre.
Et par-dessus tout, de ce qu’elle avait représenté pour mes ancêtres : la liberté
Et pour compléter la transmission de cet amour par nos parents, c’est l’école de la République d’alors qui nous avait tous réunis en nous permettant de ne pas vivre dans des mondes parallèles !

Ce que nous avions appris, sans même en être conscients, de nos parents et de nos professeurs qui nous avaient baignés dans cette culture et cette histoire, ce qui allait nous soutenir et nous réunir dans les épreuves qui nous attendaient au-delà de nos différences, ce qui était cristallisé en ces jours de 1960 sur ces barricades, c’est ce qui nous rassemblait alors autour d’UNE COMMUNAUTE DE DESTIN

Et cette séparation vers des destins différents qui a marquée notre rupture d’avec ce monde musulman qui allait engloutir ce pays que nous quittions, fut le vrai déchirement.
Et nos professeurs qui partaient avec nous furent vite remplacés par des « maitres » envoyés par l’Arabie saoudite qui allaient préparer ce peuple algerien aux futurs égorgements du FIS afin d’y éradiquer les restes de cet occident maudit qui aurait pu les contaminer

Quant à nous, longtemps après notre arrivée ici, , toute notre nouvelle vie fut traversée d’éclairs de joie quand nous nous reconnaissions , même au téléphone au détour d’un accent , de la consonance d’un nom et surtout d’une certaine manière de se comporter comme si nous étions des cowboys , au sang bouillonnant de vie , débarqués dans un monde un peu trop sérieux et compassé pour nous – un peu poussiéreux aussi ? –

Aujourd’hui, le parallèle est frappant avec l’époque de notre jeunesse, celle de cette « communauté de destin » dont veulent s’exclure –ironie de l’histoire- ces nouveaux émigrants en majorité arrivés du Maghreb

Beaucoup d’entre nous, bien que offusqués par le spectacle que nous avons sous les yeux, n’ont jamais oublié cet amour qui a baigné notre enfance et celle de nos ancêtres, cet amour de la France qui avait adouci nos épreuves et nous remplissait de l’espoir d’un avenir qui ne pouvait être que meilleur.
Nous avons grandi depuis les barricades d’Alger, nous avons beaucoup réfléchi, appris du monde que nous avions découvert.
Nous savons aujourd’hui plus précisément qui nous sommes.
Nous savons clairement que nous faisons partie de cette civilisation judéo-chrétienne qui est la colonne vertébrale de ce qu’on appelle « l’Occident » -le Monde Libre-

Et nous ne sommes plus seuls dans ce monde dont nous entendons transmettre à nos enfants les valeurs, l’histoire et l’avenir, car c’est dans ses sociétés que se réalise l’immense partie de tout ce qui fait avancer l’humanité, tout vient de cette civilisation que certains essaient de diaboliser pour nous priver de son principal attribut : LA LIBERTÉ !

Et pardessus tout, ce qui nous rend plus forts aujourd’hui et qui nous permettra, quelques que soient nos différences, de surmonter les désastres qui nous frôlent et les dangers qui sont à nos portes, c’est d’avoir retrouvé la conscience de cette COMMUNAUTÉ DE DESTIN.

Cora de paillette

http://www.europe-israel.org/2014/11/une-communaute-de-destin/